Œil sur l’Afrique n°22

Œil sur l’Afrique n°22

Œil sur l’Afrique de Du 1er au 18 septembre 2025

Par : Ibrahim Keïta

Région Afrique du Nord :

Est de la Libye : le maréchal Haftar nomme son fils Saddam vice-commandant de l’armée

Vendredi 15 août 2025

Le maréchal Khalifa Haftar, chef du commandement militaire général basé dans l’est de la Libye, a nommé son fils, le lieutenant-général Saddam Khalifa Haftar, actuel chef d’état-major des forces terrestres de l'armée nationale libyenne, comme adjoint.

La Libye est dirigée par deux gouvernements parallèles, l'un mené par le Premier ministre Abdelhamid Dbeibah basé à Tripoli (ouest), reconnu par l'ONU, et l'autre installé dans l'Est, sous la houlette du puissant maréchal Haftar.

Cette décision a reçu certains soutiens, notamment en est de la Libye, où l’on considère que Saddam a démontré ses compétences durant son service militaire, puisqu’il occupe depuis plus de quatre ans un poste au sein de l’état-major.

Toutefois, des objections se sont élevées, particulièrement du côté du camp occidental, qui a perçu cette nomination comme une transmission héréditaire du commandement militaire, du père au fils, de la part du maréchal Haftar.

Ces divergences ont ainsi refait surface : Abdallah Al-Lafi, membre du Conseil présidentiel et, à ce titre, commandant suprême de l’armée libyenne, a publié une décision rejetant cette nomination, estimant qu’elle relève exclusivement des prérogatives du commandant suprême de l’armée, à savoir le Conseil présidentiel.

Il convient de souligner que la situation n’est guère différente à l’Ouest du pays, où Abdelhamid Dbeibah s’appuie, dans l’équipe qu’il a constituée, sur ses fils, ses frères et ses cousins.

Source : RFI

Soudan : l'ONU alerte encore sur la famine et l’urgence humanitaire

Vendredi 15 août 2025

Au Soudan, le conflit qui se poursuit dans plusieurs régions entraîne des pénuries alimentaires dramatiques et menace la vie de centaines de milliers de civils.

Stéphane Dujarric, porte-parole du Secrétaire général des Nations unies, tire la sonnette d’alarme sur l’urgence humanitaire.

« Il y a un an, en août 2024, la famine a été confirmée dans le camp de Zamzam et s’est depuis étendue à des zones du Darfour et du Kordofan. Actuellement, dix-sept zones sont classées comme étant en risque de famine, y compris certaines parties du Darfour, des monts Nouba, de Khartoum et de la Jazira. Depuis cette date, la situation, en particulier à El Fasher, ne cesse de se détériorer, comme nous le signalons quasi-quotidiennement », a déclaré Stéphane Dujarric.

Le porte-parole a précisé que le Programme alimentaire mondial (PAM) appelle à un accès humanitaire urgent à El Fasher, ville confrontée à la famine et toujours isolée de l’aide. Selon le PAM, certains habitants survivent en se nourrissant de fourrage pour animaux et de déchets alimentaires.

Le Programme alimentaire mondial continue de fournir une aide financière à environ un quart de million de personnes dans la ville, leur permettant d’acheter les rares denrées encore disponibles sur les marchés. Cependant, l’aggravation des besoins exige une réponse adaptée à l’ampleur de la crise.

« Nous réitérons notre inquiétude face au conflit en cours et renouvelons nos appels à toutes les parties pour mettre fin aux violences, renouer le dialogue et placer les intérêts de leur population au premier plan », a ajouté le porte-parole.

Cette alerte intervient alors que Khartoum lance une campagne de vaccination contre le choléra, face à une épidémie qui se propage rapidement.

Source : Africanews

Soudan : l'aéroport de Khartoum en cours de reconstruction

Vendredi 15 août 2025

Fermé depuis plus de deux ans, l'aéroport international de Khartoum est encore en cours de reconstruction.

En effet, l'armée soudanaise a repris l'aéroport international en mars, et le chef militaire s'est rendu pour la première fois dans la capitale jeudi 14 août.

Ibrahim Jaber a pu observer l’avancée des travaux, la piste d’atterrissage est achevée mais les terminaux, les halls d'arrivée et les services de base tels que l'électricité et l'eau ont encore besoin d'être réparés.

 « Si Dieu le veut, nos avions atterriront bientôt et les Soudanais pourront rentrer chez eux, surtout après une longue absence de leur patrie. Ce sera une bouée de sauvetage qui reliera ceux qui ont été déplacés ou contraints de migrer à ceux qui sont restés au Soudan. Au minimum, les gens pourront revoir leur maison et leur lieu de travail. En tant qu'État, nous pourrons également accueillir ici tous les pays qui ont une représentation chez nous, et le mouvement de l'État se poursuivra. », a déclaré Ibrahim Jaber, membre du Conseil souverain de transition soudanais.

La guerre civile a éclaté en avril 2023 à Khartoum avant de s'étendre à l'ensemble du pays.

Les combats entre l'armée soudanaise, ses alliés et ses rivaux paramilitaires, les Forces de soutien rapide (RSF), ont fait plus de 40 000 morts.

Source : Africanews avec sudanakhbar

L’Egypte réaffirme son engagement à financer des projets de développement et d'infrastructures dans les pays du sud du bassin du Nil

Mardi 12 août 2025

Le président Égyptien, Abdel Fattah Al-Sissi, a réaffirmé lors d’une conférence de presse avec son homologue ougandais, Yoweri Museveni, mardi 12 août l’engagement de l’Egypte à soutenir les efforts de développement dans les pays du bassin du Nil. « Je tiens à souligner que nous avons affirmé le soutien total aux efforts de développement en Ouganda et dans les pays du sud du bassin du Nil », a déclaré le chef de l’Etat. Et d’ajouter : « Nous sommes prêts à contribuer au financement du projet de barrage d'Angololo entre l'Ouganda et le Kenya, via le mécanisme lancé par l'Egypte pour l'investissement dans les projets d'infrastructure du bassin du Nil, avec un financement initial de 100 millions de dollars ».

Une nouvelle convention sur la gestion intégrée des ressources en eau confirme l'engagement de l'Egypte à soutenir ses partenaires du bassin du Nil. D'un montant de 6 millions de dollars sur cinq ans, elle vise à préserver l'environnement du Nil et à développer ses ressources », a expliqué le chef de l'Etat.

À l'issue de l'entretien, plusieurs protocoles d'accord ont été signés dans divers domaines, notamment la gestion des ressources en eau, l'agriculture, l'investissement, et la coopération diplomatique.

« L'Egypte considère l'Ouganda comme un partenaire essentiel dans la région du bassin du Nil du Sud, et nous aspirons également à augmenter le volume des échanges commerciaux, qui s’est élevé à environ 133 millions de dollars en 2024. Nous visons à doubler ce volume pour refléter notre potentiel commun », a estimé le président Al-Sissi dans sa déclaration lors du Forum d'affaires égypto-ougandais.

Lors de la réunion, le président Sisi a également souligné que : « L’Égypte rejette les mesures unilatérales dans le bassin du Nil »

Le président égyptien Abdel Fattah El-Sisi a déclaré : « Quiconque pense que nous allons ignorer nos droits sur l'eau se trompe ».

Cette déclaration a été faite lors des discussions entre les deux présidents, qui ont abordé, entre autres sujets, le dossier du barrage de la Renaissance éthiopienne. Sissi a réaffirmé le rejet par l’Égypte des mesures unilatérales prises dans le bassin oriental du Nil.

« L'Égypte ne s'oppose pas au développement de ses partenaires et frères du bassin du Nil, mais notre seule préoccupation est que ce développement n'affecte pas le volume d'eau qui nous parvient », a précisé le chef de l’Etat, soulignant sa responsabilité de travailler avec les autres dirigeants pour trouver une solution qui ne compromet pas la vie du peuple égyptien.

« Je rassure une nouvelle fois les Égyptiens, nous ne permettrons jamais que l'on touche à l'eau sur laquelle vivent 105 millions d'Égyptiens et près de 10 millions d'invités. Nous ne les appelons pas des réfugiés », a ajouté le président.

« L'Egypte mise sur les efforts du Comité des sept, présidé par l'Ouganda, pour parvenir à un consensus entre les pays du bassin du Nil », a déclaré le président.

Le président Museveni a déclaré pour sa part que « sans préserver l'environnement du bassin du Nil, nous n'aurons rien à partager ».

Après l'échec des pourparlers avec l'Éthiopie, le ministre égyptien des Affaires étrangères, Badr Abdelatty, avait informé le président ougandais le 4 août dernier que l'Egypte allait prendre des mesures officielles en vertu du droit international pour protéger ses intérêts.

L'Ouganda joue un rôle central en tant que pays d'amont signataire de l'accord d'Entebbe de 2010. Cet accord, qui réunit six pays du bassin du Nil (Éthiopie, Ouganda, Rwanda, Tanzanie, Kenya et Burundi), souhaite réglementer l'utilisation et la répartition des eaux du fleuve.

L'Éthiopie a lancé la construction du GERD en 2011 sans consulter l'Egypte et le Soudan, qui réclament un accord contraignant sur le remplissage et l'exploitation du barrage.

L'Egypte, qui dépend du Nil pour 97 % de ses besoins en eau, considère le barrage comme une « menace existentielle ».

Selon le premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed, le barrage a été rempli en cinq étapes entre 2020 et 2024 et son inauguration est prévue en septembre.

Après plus de dix ans de négociations infructueuses, l'Egypte a annoncé en décembre 2023 l'échec des discussions, accusant l'Éthiopie d'avoir rejeté toutes les propositions techniques et juridiques.

Source : Ahraminfo 

Région Afrique centrale :

RD Congo : 10 ans de travaux forcés requis contre l'ex-ministre de la justice

Vendredi 15 août 2025

Le procureur congolais a requis 10 ans de travaux forcés contre l’ex-ministre de la Justice, Constant Mutamba.

Accusé d’avoir tenté de détourner 19 millions de dollars de fonds publics, Mr Mutamba a eu l’occasion de prendre la parole ce mercredi jour de la clôture des plaidoiries. Il a notamment affirmé que cette procédure judiciaire avait pour seul but de l’écarter du gouvernement.

Selon ses avocats aucun des fonds du marché de construction de la prison de Kisangani n’a été détourné. Ils justifient la bonne foi de l’ex-ministre par le fait qu’il ait copié l’ordre de paiement à l’inspection générale des finances ainsi qu’à d’autres organes de contrôle afin de suivre le mouvement des fonds virés dans le compte de l'entreprise de construction.

Le procureur a également requis une privation d’accès à toute fonction officielle de 10 ans après qu'il ait purgé sa peine. Ce dernier considère que le virement a été opéré pour un marché irrégulier octroyé à, pour le citer, « une entreprise de façade ».

Le verdict du procès débuté il y a un mois a été fixé au 27 août 2025.

Source : Africanews

En RDC, l’armée et le groupe M23 s’affrontent dans l’est du pays

Mardi 12 août 2025

De violents combats opposent l’armée congolaise et des milices locales au groupe armé M23, dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), malgré la signature d’un accord de paix, a appris l’Agence France-Presse (AFP), lundi 11 août, de sources locales sécuritaires.

Kinshasa et le M23 ont signé une déclaration de principes à Doha le 19 juillet, où les deux parties ont réaffirmé leur « engagement en faveur d’un cessez-le-feu permanent », dans la foulée de la signature d’un accord de paix entre la RDC et le Rwanda à la fin de juin. Ces engagements n’ont toutefois pas fait cesser les violences dans l’Est, où les accrochages se poursuivent entre le M23 et des milices locales affiliées à Kinshasa.

Depuis vendredi, les combats ont gagné en intensité aux environs de la localité de Mulamba, dans la province du Sud-Kivu, où la ligne de front est relativement stable depuis le mois de mars. Le M23 a repoussé des miliciens et des militaires des Forces armées congolaises (FARDC) présents dans la zone, selon des sources locales et sécuritaires

Intentionnelle et manifeste » de l’accord de paix signé à Washington entre la RDC et le Rwanda en juin, a affirmé le porte-parole des FARDC, Sylvain Ekenge, dans un communiqué.

Depuis sa résurgence, en 2021, le groupe armé M23, soutenu par le Rwanda, s’est emparé de vastes pans de territoires dans l’est de la RDC, riche en ressources naturelles, et des grandes villes de Goma en janvier et Bukavu en février.

Plus de 2 millions de personnes ont fui les violences depuis janvier dans les provinces du Nord-Kivu et Sud-Kivu, selon un rapport du bureau des affaires humanitaires de l’ONU publié à la fin du mois de juillet.

Concernant la reprise des pourparlers de paix entre le gouvernement congolais et le mouvement M23, les deux parties ne se sont pas conformées au rendez-vous initialement fixé à Doha, lundi 18 septembre, pour la reprise des négociations, en raison du retour des divergences entre elles sur plusieurs conditions.

Le mouvement M23 et l’Alliance du fleuve Congo ont déclaré, dans un communiqué publié dimanche, que la mise en œuvre complète de la Déclaration de principes – y compris la libération des prisonniers – constituait la seule condition préalable au lancement du prochain cycle de pourparlers.

Une source de haut rang au sein du mouvement a également indiqué qu’une petite délégation serait envoyée dans les prochains jours en réponse au rôle de médiateur du Qatar.

De son côté, une source gouvernementale a affirmé que la libération des prisonniers représente une condition difficile, soulignant qu’elle pourrait faire l’objet de négociations mais ne saurait être posée comme exigence préalable à la poursuite des discussions.

Source : Al Jazeera – Reuters - Le Monde avec AFP

Gabon : amnistie générale pour les putschistes

Jeudi 14 août 2025

Le gouvernement gabonais a annoncé une amnistie générale, visant d’abord les membres du Comité pour la transition et la restauration des institutions (CTRI), auteurs du coup d'État ayant renversé Ali Bongo il y a deux ans.

Mais cette mesure concerne aussi les militaires impliqués dans la tentative de putsch de 2019, toujours détenus. Leur libération et réintégration sont désormais attendues. Selon un communiqué du Conseil des ministres, cette amnistie vise à favoriser « l’apaisement et la réconciliation nationale » en « tournant définitivement la page » de ces événements.

En février, le président Brice Oligui Nguema avait évoqué publiquement son « petit frère » Kelly Ondo Obiang, promettant de ne pas l’oublier. Ce geste s’inscrit dans une dynamique plus large qui inclut les réformes économiques, la lutte contre les déficits et la priorité donnée aux métiers réservés aux Gabonais.

Le Gabon a également annoncé des restrictions sur les étrangers travaillant dans sept petites professions

Le gouvernement du Gabon a décidé, mardi 12 août, d’interdire aux expatriés d’exercer certains petits métiers. Cela pour lutter contre le chômage et prendre progressivement le contrôle de la petite économie du pays. Désormais, les étrangers vivant au Gabon sont interdits d’exercer le commerce de proximité, l’envoi et la réparation de téléphones et de petits appareils, la coiffure et les soins esthétiques de rue. De même pour l’orpaillage artisanal, l’achat de récoltes, exploitation de petits ateliers ou machines de jeux. Les Gabonais sont partagés.

Pour beaucoup de Librevillois, les Gabonais ne sont pas friands des petits métiers listés par le gouvernement ou manquent de financement pour lancer une activité.

Source : RFI avec Africanews

Région Afrique de l'Ouest :

Nigeria : arrestation de deux dirigeants d'un groupe djihadiste

Dimanche 17 août 2025

Les autorités nigérianes ont annoncé, samedi, avoir arrêté deux dirigeants du groupe terroriste Ansaru, responsable en 2022 de l'attaque d'une prison dans la capitale Abuja qui avait permis l'évasion temporaire de centaines de détenus.

Mahmud Muhammad Usman et Mahmud al-Nigeri, qui dirigent le groupe jihadiste Ansaru, ont été capturés lors d'une « opération ciblée » menée « entre mai et juillet », a déclaré aux journalistes le conseiller à la sécurité nationale du Nigeria, Nuhu Ribadu.

« Ils ont mené ensemble de multiples attaques contre des civils, les forces de sécurité et des infrastructures critiques », a expliqué, à la presse, le conseiller à la sécurité nationale du Nigeria, Nuhu Ribadu.

Les deux hommes ont été capturés lors d’une « opération ciblée » menée « entre mai et juillet », a expliqué M. Ribadu. Ils sont, selon lui, les leaders du groupe Ansaru, issu d’une scission de Boko Haram en 2012. Ansaru s’est ensuite rallié à Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI). Les Etats-Unis ont désigné Ansaru et Boko Haram comme des « organisations terroristes étrangères » en 2013.

Après la scission, le groupe s’était établi à Kano, deuxième ville du Nigeria (près de 5 millions d’habitants), située dans le nord du pays, dans l’Etat éponyme.

Les deux hommes figuraient également sur les listes internationales de personnes recherchées, a précisé M. Ribadu. Mahmud Usman est aussi connu sous le nom de Abu Bara et Mahmud Al-Nigeri sous celui de Mallam Mamuda.

Le président, Bola Tinubu, par la voix de son porte-parole sur les réseaux sociaux, a salué une « avancée significative dans la guerre contre le terrorisme » pour ce pays en proie depuis près de deux décennies aux djihadistes dans le Nord-Est.

Depuis plus récemment, le Nigeria doit également faire face à des gangs criminels qui multiplient enlèvements et demandes de rançons dans le Centre et le Nord-Ouest.

L’armée annonce avoir tué près de 600 terroristes en 2025

Par ailleurs, l'armée de l'air affirme avoir tué 592 terroristes dans l'État de Borno, dans le nord-est du pays, au cours des huit derniers mois. Les forces nigérianes avaient intensifié les frappes aériennes dans une région en proie à la violence de violence de Boko Haram depuis des années.

Ces résultats dépassent les gains opérationnels enregistrés en 2024, selon le chef d'état-major de l'armée de l'air Hasan Abubakar.

Hasan Abubakar a indiqué que ses hommes ont détruit plus de 200 véhicules techniques et 166 centres logistiques dans le cadre d'une vaste offensive contre les terroristes dans le nord-est.

Les combattants de Boko Haram et de Daesh attaquent depuis des années les forces de sécurité et les civils dans le nord-est du Nigeria, provoquant de nombreux déplacements et des milliers de morts.

Source : Le Monde avec AFP avec Africanews

Guinée-Bissau : des médias portugais fermés à l'approche de la présidentielle

Vendredi 15 août 2025

Le gouvernement bissau-guinéen a annoncé, vendredi 15 août, l'arrêt immédiat des médias internationaux portugais qui opéraient dans le pays dont l’agence de presse Lusa et des programmes des chaînes publiques de radio et télévision. Les représentants des médias en question doivent quitter le pays d'ici au 19 août. Cette décision intervient quatre jours après sa prise de fonction, le nouveau gouvernement.

Aucune explication n'a été donnée par les autorités aux médias internationaux portugais pour justifier la fin des émissions et des services de Lusa, RTP et RDP, ainsi que l'expulsion de leurs représentants. Ces deux personnes ont jusqu'au mardi 19 août pour quitter le territoire.

Au sortir d'une rencontre avec la communauté internationale sur le processus électoral, le ministre des Affaires étrangères bissau-guinéen, Carlos Pinto Pereira, a promis une conférence de presse pour le samedi 16 août. Présent à la même réunion, le premier ministre Braima Camara n'a pas apporté de précision : « Ils doivent comprendre que la Guinée-Bissau est un pays souverain » a-t-il déclaré, « il n'y a pas de petits États ou de grands États. Il y a certes de petits pays par la taille, mais pas de petits États ».

De leur côté, les médias mis en cause ont réagi dans un communiqué commun publié le 15 août 2025, leurs directions dénoncent une « mesure discriminatoire et sélective, qui constitue une atteinte délibérée à la liberté d'expression » et qui « s'inscrit dans la volonté constante du gouvernement bissau-guinéen de réduire au silence les journalistes qui s'acquittent de leur devoir d'informer ».

Pour sa part, le gouvernement portugais réagit lui aussi. Le ministère des Affaires étrangères qualifie la décision de « hautement répréhensible et injustifiable ». L'ambassadeur à Lisbonne a été convoqué samedi 16 août pour apporter des explications.

En outre, Umaro Sissoco Embalo, le président bissau-guinéen, a reporté un voyage prévu au Portugal lundi 25 août pour marquer le début de sa présidence de la CPLP, la communauté lusophone.

Cette décision intervient à trois mois de l'élection présidentielle – programmée le 23 novembre 2025 –, et alors que le chef de l'État vient d'annoncer sa candidature et de nommer un nouveau gouvernement.

Dans un communiqué, la ligue des droits de l'homme de Guinée-Bissau dénonce la nature « oppressive et autoritaire du pouvoir » à l'approche du scrutin.

Source : RFI

CEDEAO-AES : le président Maada Bio en tournée pour relancer le dialogue

Vendredi 15 août 2025

Le président sierra-léonais Julius Maada Bio poursuit sa tournée régionale en tant que président en exercice de la CEDEAO.

Après des visites en Côte d’Ivoire et en Gambie, il s’est rendu cette semaine au Cap-Vert, dans le cadre de ses efforts pour renforcer la coopération sous-régionale.

L’un de ses objectifs : rapprocher la CEDEAO et l’Alliance des États du Sahel (AES), composée du Mali, du Niger et du Burkina Faso. Ces trois pays ont officiellement quitté la CEDEAO en janvier 2025, un an après avoir annoncé leur retrait, dénonçant une organisation jugée inféodée à la France et incapable de répondre aux défis sécuritaires de la région.

Malgré ce divorce politique, les discussions entre les deux blocs n’ont jamais été totalement rompues. Libre circulation des personnes et des biens, lutte contre le terrorisme, projets de développement : les points d’intérêt commun ne manquent pas. Le président Bio souhaite raviver ces échanges, aujourd’hui au point mort, et relancer un dialogue basé sur les intérêts des populations.

Le président sierra-léonais Julius Maada Bio espère, par sa médiation, ouvrir la voie à un rapprochement progressif.

Source : Africanews

Côte d’Ivoire : les législatives fixées au 27 décembre 2025

Vendredi 15 août 2025

En Côte d’Ivoire, la Commission électorale indépendante (CEI) a informé, jeudi 14 août, les partis politiques, que les élections législatives se tiendront le samedi 27 décembre. Cela s’est produit au cours d’une réunion d’échange et d’information. Mais à peine annoncée, cette date suscite des débats.

Selon la Commission électorale indépendante (CEI), le mandat des députés expire le 31 décembre 2025. L’institution propose donc d’organiser les élections législatives le 27 décembre. La CEI affiche, par ailleurs, sa disponibilité pour aider à faciliter la délivrance des documents administratifs nécessaires pour constituer les dossiers de candidatures. 

Mais, plusieurs acteurs politiques de l’opposition perçoivent une incohérence. « Il faut ouvrir une révision de la liste électorale pour que les jeunes puissent s’enrôler » insiste un représentant du Front Populaire Ivoirien.  

Même scepticisme exprimé par Crizoa Anangaman, secrétaire général adjoint en charge de l’administration au sein du Parti des Peuples Africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI). « Nous nous interrogeons légitimement sur l'objectif réel de la CEI. Est-ce que c'est d'organiser des élections apaisées, ou bien, c'est véritablement de créer la chienlit dans le pays ? Étant entendu que, tout ce qu'elle prend comme décision est non seulement impopulaire, illégitime, et maintenant illégal ». 

« On ne peut pas faire une révision de la liste électorale en fin d’année, parce qu’il y a des impératifs constitutionnels », affirme Ibrahime Coulibaly-Kuibiert, le président de la CEI.

Source : RFI

Mali : un Français et deux généraux accusés de complot (officiel)

Jeudi 14 août 2025

Le gouvernement de transition malien a confirmé, jeudi 14 août, l’arrestation d’un groupe de militaires et de civils accusés de complot, après plusieurs jours de rumeurs.

En effet, le bruit courait depuis plusieurs jours, mais la confirmation n’est venue que jeudi, lors du journal télévisé de l’ORTM, à travers un communiqué du gouvernement de transition. Selon le texte, l’opération, menée le 1er août par les services spécialisés, a permis de « mettre en échec » un « groupuscule d’éléments marginaux » des forces armées et de sécurité soupçonnés de préparer une déstabilisation avec l’appui présumé de soutiens étrangers.

Parmi les interpellés figure Yann Christian Bernard Vezilier, ressortissant français et officier mécanicien de l’air. Les autorités maliennes le présentent comme agissant pour le compte du renseignement français. 

Le général de brigade Abass Dembélé, ancien gouverneur de Mopti (2020-2025) figure également parmi les arrestations.

La générale de brigade Néma Sagara, première femme à atteindre ce grade dans l’Armée de l’air malienne, a aussi été arrêtée.

Le communiqué cite également les noms des lieutenants-colonels, des capitaines, et des sergent-chef

En outre, le gouvernement assure que la situation est « totalement sous contrôle » et que les enquêtes judiciaires se poursuivent pour identifier d’éventuels complices. Il appelle la population à rester vigilante et à collaborer avec les forces de sécurité.

Tensions diplomatiques entre Paris et Bamako après l’arrestation d’un Français au Mali

De son côté, le ministère des affaires étrangères français a réagi, samedi 16 août, à l’annonce par les autorités maliennes de l’arrestation d’un ressortissant français présenté comme travaillant pour un « service de renseignement français ». « Un dialogue est en cours [avec les autorités maliennes] afin de dissiper tout malentendu » et obtenir la « libération sans délai » de ce membre de l’ambassade de France à Bamako, ajoute le ministère.

Mali a également annoncé qu’il avait placé l’ancien premier ministre en détention provisoire

L’ancien premier ministre du Mali Choguel Kokalla Maïga, limogé en novembre 2024 par les militaires au pouvoir depuis 2020 après avoir émis des critiques contre ceux-ci, a été placé en garde à vue mardi 12 août ainsi que d’anciens collaborateurs. Cela survient dans la foulée de récentes arrestations de membres de l’armée accusés de conspirer contre la junte.

Parmi les gardés à vue figurent son ex-directeur de cabinet, Issiaka Ahmadou Singaré, et trois ex-directeurs administratifs et financiers de la primature. La garde à vue, « notifiée » mardi à Choguel Kokalla Maïga« survient dans le cadre d’une enquête sur des allégations d’atteinte aux biens publics émises par un rapport du Vérificateur général » de l’Etat, a déclaré l’avocat de Choguel Kokalla Maïga, sans plus de détails.

Selon une source au pôle économique et financier – tribunal chargé de juger les crimes économiques – « Maïga et plusieurs de ses anciens collaborateurs sont en garde à vue dans le cadre des enquêtes sur leur gestion à la primature. En principe [mercredi] ou [jeudi], ils seront présentés devant le procureur à la Cour suprême ».

Choguel Kokalla Maïga est l’une des figures du Mouvement du 5 juin-Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP), qui avait pris part en 2020 à la contestation populaire contre le président civil Ibrahim Boubacar Keïta, finalement renversé par les militaires en août 2020.

L’ex-premier ministre civil avait en février affirmé que la « rupture [était] consommée » entre sa coalition politique et la junte, invoquant notamment des « arrestations » et des « détentions extrajudiciaires » contre des membres du M5-RFP. Il avait en même temps appelé les militaires à « créer les conditions sécuritaires pour la tenue de scrutins crédibles et apaisés, en y associant les forces politiques et sociales », alors qu’aucune nouvelle échéance n’est fixée pour un retour à un pouvoir civil.

Source : Le Monde avec AFP et APA news

Région de l'Afrique de l'Est :

La vice-ministre israélienne des Affaires étrangères en visite au Soudan du Sud ; le gouvernement dément des discussions sur la réinstallation des habitants de Gaza

Jeudi 14 août 2025

Le ministère sud-soudanais des Affaires étrangères a annoncé, mercredi, que la vice-ministre israélienne des Affaires étrangères, Sharren Haskel, avait effectué une visite officielle à Juba.

La veille, mardi 12 août au soir, le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou avait déclaré qu’il « permettrait » aux habitants de la bande de Gaza – dévastée par la guerre, les destructions et le siège imposés par Israël depuis octobre 2023 – d’émigrer à l’étranger. Il avait ajouté : « Nous sommes en discussion avec plusieurs pays susceptibles de les accueillir », évoquant, selon certains médias, le Soudan du Sud parmi ces pays.

Cependant, le ministère sud-soudanais des Affaires étrangères a publié un communiqué « démentant catégoriquement » les informations relayées par la presse selon lesquelles son gouvernement serait engagé dans des discussions avec Israël en vue de la réinstallation de Palestiniens de Gaza sur son territoire.

Le ministère a qualifié ces allégations d’« infondées », précisant qu’elles « ne reflètent ni la position officielle ni la politique de Juba », et a exhorté les médias à « vérifier leurs informations par les canaux officiels avant de les publier ».

Ce démenti intervient après la diffusion, par plusieurs médias régionaux et internationaux, de rapports sur de supposées discussions entre Juba et Tel-Aviv en vue d’un transfert temporaire de Palestiniens vers le Soudan du Sud. Plusieurs responsables sud-soudanais ont confirmé l’existence de tels échanges, tout en refusant de révéler leur identité.

Depuis son indépendance en 2011, le Soudan du Sud entretient des relations diplomatiques avec Israël.

La présidence sud-soudanaise a, de son côté, publié un communiqué soulignant que « le Soudan du Sud accorde une grande importance au soutien de longue date apporté par Israël », à l’issue de la rencontre entre la vice-ministre israélienne et le président Salva Kiir.

Il convient de rappeler que le Soudan du Sud est confronté à l’insécurité et à l’instabilité depuis son indépendance en 2011.

Source : Le Monde avec AFP + APA News+ بالعربية CNN

Région de l'Afrique australe :

Ramaphosa appelle les femmes à participer au dialogue national

Lundi 11 août 2025

Le président sud-africain Cyril Ramaphosa a exhorté, lundi, les femmes de tous horizons à prendre part activement au futur dialogue national, estimant que leur inclusion est essentielle pour façonner l’avenir du pays.

La première Convention nationale, prévue le 15 août à Pretoria, marquera le lancement officiel de ce processus de concertation.

Dans sa lettre hebdomadaire, M. Ramaphosa a affirmé que le dialogue national devait être un espace où les femmes « font entendre leur voix » et influencent les décisions qui affectent leur vie.

« Les femmes représentent plus de la moitié de la population du pays. Elles sont concernées par toutes les questions politiques, sociales et économiques », a-t-il déclaré. Et d’ajouter : « Aucune décision gouvernementale ne devrait être prise sans tenir compte de son impact spécifique sur les femmes. »

Le chef de l’État a insisté pour que le dialogue reflète la diversité des expériences féminines, incluant celles des communautés rurales et urbaines, ainsi que des femmes en situation de handicap. Il a appelé à la mobilisation des organisations féminines afin d’assurer une représentation large au sein des structures encadrant le processus.

La convention doit rassembler plus de 200 organisations issues de 33 secteurs pour aborder les défis majeurs du pays, parmi lesquels la pauvreté, le chômage et les violences basées sur le genre.

Ce dialogue national débouchera sur une deuxième convention, début 2026, destinée à finaliser une vision commune et un plan d’action qui orienteront la prochaine phase du Plan national de développement et de la Vision 2030.

Source : APA news