
Lors d’une rencontre qui a duré plus de deux heures à l’Ambassade de la République Algérienne Démocratique et Populaire en Égypte, Dr. Ghada Fouad, Directrice du Centre Africain des Recherches et Études Stratégiques (ACRESS), a félicité Son Excellence M. Mohamed Sofiane BERRAH, Ambassadeur d’Algérie en Égypte et Représentant Permanent auprès de la Ligue des États Arabes, pour sa récente nomination à la tête de la mission diplomatique algérienne en République Arabe d’Égypte.
À cette occasion, elle lui a remis plusieurs publications du Centre (ACRESS), dont la plus récente, Cahiers Nationaux, intitulée "Élections présidentielles du 7 septembre 2024 en Algérie : Analyse des résultats et défis". Ce document propose une analyse approfondie des résultats des dernières élections présidentielles tenues en Algérie en septembre dernier.
La discussion a également porté sur les développements récents dans la région de l’Afrique du Nord et la zone sahélienne, avec un accent très particulier sur les pays voisins de l’Algérie sœur.
Son Excellence a souligné que l’Algérie, fidèle à ses principes et convictions, adopte une approche globale et inclusive dans le cadre de ses actions de médiation.
Cette approche privilégie le dialogue inclusif et la négociation, en rassemblant toutes les parties prenantes autour de la table sans imposer de solutions.
En outre, l’Algérie prend en compte les dimensions culturelles, politiques et économiques dans son analyse des crises. Cela lui permet de proposer des solutions intégrées et adaptées aux spécificités de chaque situation. Cette stratégie a été déterminante dans le succès remporté par la diplomatie algérienne par le passé.
Les agendas extérieurs et les guerres par procuration sont devenus un moteur de conflits en Afrique et au Sahel :
Pour autant, le contexte actuel a changé ces dernières années, où les guerres, y compris les conflits internes, se sont transformées en affrontements par procuration (Proxy Wars), avec une intervention croissante d’un ou plusieurs acteurs extérieurs. Certains de ces acteurs soutiennent les gouvernements en place, tandis que d’autres appuient l’opposition ou les groupes rebelles, ce qui a complexifié la recherche d’une solution.
Ces acteurs extérieurs influents ont un rôle qui surpasse les gouvernements, les mouvements rebelles et l’opposition, allant jusqu’à imposer à ces derniers des orientations politiques et économiques dans de nombreux domaines.
Face à ces défis et pour éviter que la région ne sombre dans le chaos et faire face à la menace terroriste, l’Algérie appelle les acteurs nationaux à veiller à préserver les intérêts nationaux et de ne pas faire ce jeu des puissances étrangères. Un tel objectif ne pourrait être atteint sans une prise de conscience collective, tant au niveau populaire qu’au sein des élites, reposant sur une réconciliation nationale.
La prise de conscience, tant au niveau populaire que de l’élite, requiert une appropriation totale des outils et des solutions pour le règlement des conflits.
Cela passe inévitablement par l’éducation et par le respect de la volonté des peuples pour qu’ils contrôlent pleinement leur avenir et leurs ressources.
Les sacrifices et la résilience constituent le prix de la liberté et la clé pour rompre avec la dépendance monétaire et économique.
Les sacrifices consentis pour la patrie et sa liberté sont le fondement de la résilience face aux pressions exercées, parfois, sur certains États. L’Algérie, par exemple, a traversé de telles épreuves après avoir pris des décisions courageuses, audacieuses et réfléchies pour sortir de la dépendance économique qui lui avait été imposée par le passé.
Grâce à la patience et aux fondements hérités de sa glorieuse révolution de libération nationale, elle a réussi à surmonter les conséquences de ces choix. Ce parcours lui a permis, par la suite, de reprendre le contrôle de ses richesses économiques, de ses ressources naturelles et de ses avoirs financiers.
À titre d’exemple, lorsque l’Algérie a annoncé la nationalisation de son secteur des hydrocarbures (pétrole et gaz), elle a dû faire face à un isolement et un embargo international sur ses ressources. Elle a relevé ce défi pour parvenir à l’indépendance de ses décisions économiques et elle a misé sur les compétences nationales, qui ont remplacé progressivement les experts étrangers qui dominaient jusque-là nos entreprises et nos richesses.
L'ouverture à de nouveaux partenariats internationaux a été un levier essentiel pour surmonter les défis liés à l'édification d'une économie autonome.
Dans le même temps, les Autorités algériennes ont lancé des initiatives de formation en envoyant des "Missions de perfectionnement académique et technique" à l’étranger dans les pays avec lesquels nous entretenions des relations d’amitié et des partenariats.
Par ailleurs, l’Algérie a sollicité des experts dans divers domaines économiques et de développement lorsque cela s’avérait nécessaire, tout en demandant le soutien de pays frères et amis pour bâtir une économie nationale indépendante et un système éducatif national. Parmi ces pays figurent l’Égypte, l’Irak, la Yougoslavie, l’Union soviétique (aujourd’hui la Russie), la Chine, Cuba...etc.
Cette coopération ne s’est pas limitée au bloc de l’Est. L’Algérie a veillé à équilibrer et diversifier ses partenariats, en nouant des contacts avec des pays occidentaux, tels que la Suisse, l’Allemagne et les États-Unis d’Amérique. Ces collaborations ont concerné certains secteurs économiques, sans que ces nations n’aient de prétentions hégémoniques ou de velléités de contrôle sur ses ressources.
L’Algérie a été, et demeure toujours, ouverte aux partenariats internationaux, mais uniquement dans le cadre d’une vision qui sert exclusivement ses intérêts nationaux et respecte le point de vue algérien. Ces partenariats sont fondés sur la confiance mutuelle.
Après l’indépendance, la politique algérienne de reconstruction de l’État ne s’est jamais limitée à une orientation unique. Au contraire, elle a reposé sur des partenariats fondés sur l’égalité et le pragmatisme politique. Cela signifie que ces relations étaient véritablement collaboratives, avec des bénéfices réciproques pour tous les partenaires, selon le principe du "gagnant-gagnant" (Win Win).