
Œil sur l’Afrique
Au Burundi, le principal opposant est écarté de la course aux législatives
Mardi 31 décembre 2024
La Commission électorale nationale indépendante du Burundi a écarté, mardi 31 décembre, toutes les listes des candidats d’une coalition de partis politiques pour les élections législatives de juin 2025. Parmi celles-ci figurait la liste du principal opposant, Agathon Rwasa.
Dans la province de Butanyerera, dans le nord du pays, la liste des candidats pour la députation a été « rejetée » parce qu’elle « comprend trois députés siégeant à l’Assemblée nationale au nom du parti Congrès national pour la liberté [CNL] non-membre de la coalition, ce qui est en contradiction avec l’article 112 du code électoral et l’article 7 de la loi sur les partis politiques », a indiqué la Commission électorale dans une décision parvenue à l’Agence France-Presse (AFP) mercredi. Il s’agit « des députés Agathon Rwasa, Euphrasie Mutenzinka et Anatole Karorero », a-t-elle précisé.
Agathon Rwasa, 60 ans, ancien chef rebelle hutu pendant la guerre civile burundaise (1993-2005), était arrivé deuxième derrière le président Evariste Ndayishimiye lors de la présidentielle de 2020, que l’opposition a jugée entachée d’irrégularités.
La décision de la Commission électorale intervient après l’annonce, début décembre, d’un décret selon lequel les candidats indépendants ne pourront se présenter à ces législatives que s’ils n’ont pas fait partie d’un parti politique depuis au moins un an.
L’ancien membre d’un organe dirigeant d’un parti ne pourra se présenter que deux ans « depuis sa démission ou son éviction de son parti politique d’origine », toujours selon ce décret.
Selon le calendrier électoral, les candidats écartés ont deux jours pour faire un recours devant la Cour constitutionnelle, qui a ensuite huit jours pour rendre sa décision avant que la Commission électorale ne rende publique la liste définitive des candidats retenus, le 13 janvier
La Ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme relocalise son action en France
Mardi 31 décembre 2024
L’organisation de la société civile algérienne, la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme (LADDH), dissoute en juin 2022 par le tribunal administratif d’Alger, a été « réactivée sous une forme juridique différente de l’étranger », ont annoncé au Monde des membres de l’organisation, aujourd’hui en exil en France.
Le 29 octobre 2024, ces derniers ont déposé les statuts d’une nouvelle association, appelée « Collectif de sauvegarde de la ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme » (CS-LADDH), à la préfecture de la Seine-Saint-Denis, afin de continuer à dénoncer l’arbitraire en Algérie.
« Nous relocalisons la lutte en France afin de poursuivre notre mission de résistance, martèle son président, Adel Boucherguine. Et d’ajouter : « On ne va pas laisser tranquille le régime de notre pays » Même lorsque celui-ci annonce des gestes d’« apaisement », comme la grâce, le 25 décembre, de 2 471 détenus par le président algérien Abdelmadjid Tebboune, la méfiance reste de mise.
Le CS-LADDH a aussi une autre ambition : rassembler les autres organisations algériennes des droits humains basées à l’étranger.
La Côte d'Ivoire demande le retrait des forces françaises
Mercredi 1er Janvier 2025
Le président Alassane Ouattara a annoncé le départ des forces françaises de la Côte d'Ivoire.
En effet, Mardi, lors de son message de vœux du Nouvel An, il a précisé qu'il s'agissait d'un retrait concerté et organisé.
Ce retrait sera suivi de la rétrocession du 43e bataillon d'infanterie de Marine de Port-Bouët aux forces armées ivoiriennes dès ce mois de janvier, avec un nouveau nom attribué à l'unité.
Le chef de l'État ivoirien a exprimé sa confiance en la capacité de son armée à assurer la sécurité nationale du pays.
Cette annonce intervient moins de deux mois après les déclarations de Jean-Marie Bockel, l'envoyé personnel d'Emmanuel Macron pour l'Afrique, qui affirmait qu'il n'y avait pas de "demande de départ" des troupes françaises de la part des chefs d'État africains.
La Côte d'Ivoire est le dernier pays d'Afrique de l'Ouest à expulser des troupes françaises, suivant ainsi l'exemple du Mali, du Burkina Faso et du Niger. En novembre dernier, à quelques heures d'intervalle, le Sénégal et le Tchad ont également annoncé le départ des soldats français de leur territoire.
Le Sénégal annonce la fin des "présences militaires de pays étrangers" en 2025
Mercredi 1er Janvier 2025
Le président sénégalais, Bassirou Diomaye Faye, a déclaré mardi, lors de son discours de Nouvel An, que "toutes les présences militaires de pays étrangers au Sénégal prendront fin dès 2025". Cette annonce intervient après sa déclaration du 28 novembre dernier, qui précisait que la France serait contrainte de fermer ses bases militaires sur le territoire sénégalais.
"J'ai instruit le ministre des Forces armées de proposer une nouvelle doctrine de coopération en matière de défense et de sécurité, impliquant, entres autres conséquences, la fin de toutes les présences militaires de pays étrangers au Sénégal, dès 2025", a déclaré mardi Bassirou Diomaye Faye. Il fixe ainsi pour la première fois une date de départ des bases militaires étrangères.
"Tous les amis du Sénégal seront traités comme des partenaires stratégiques, dans le cadre d'une coopération ouverte, diversifiée et décomplexée", a précisé le chef de l'État sénégalais.
Soudan : Al-Burhan exclut un retour à la paix avec les RSF
Mercredi 1er Janvier 2025
Le chef du Conseil souverain du Soudan, le général Abdel Fattah al-Burhan, a déclaré qu’un retour au statut d’avant-guerre avec les Forces de soutien rapide (RSF) n’était pas possible.
Il a fait cette déclaration mardi dans un discours transmis par la télévision d’État soudanaise à l’occasion du 69e anniversaire de l’indépendance du pays de l’occupation britannique.
Il s’est toutefois dit prêt à “s’engager dans toute initiative authentique qui mettrait fin à la guerre et garantirait le retour en toute sécurité” des civils dans leurs foyers.
“La situation ne peut pas revenir à ce qu’elle était avant le 15 avril 2023, et nous ne pouvons pas non plus accepter la présence de ces meurtriers, criminels et de leurs partisans parmi le peuple soudanais “, a déclaré Abdel Fattah al-Burhan
Il a ajouté que le peuple soudanais subit les meurtres, la famine, les déplacements et les violations commises par les milices des Forces de soutien rapide RSF.
Le Soudan est ravagé depuis le 15 avril 2023 par une guerre qui oppose l'armée régulière du général Abdel Fattah al-Burhane, arrivé au pouvoir par un coup d'Etat en 2021, et les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) de son ex-adjoint, le général Mohamed Hamdane Daglo.
Le conflit a déjà fait des dizaines de milliers de morts et déplacé plus de 11 millions de personnes, dont 3,1 millions à l'extérieur du pays, selon l'ONU.
Mali : le président de transition Assimi Goïta n'évoque pas les élections dans ses vœux
Mercredi 1er Janvier 2025
Dans son adresse à la nation, mardi 31 décembre au soir, le président malien de la Transition, le général Assimi Goïta a annoncé que 2025 serait « l'année de la culture ». Il s’est également félicité de l'action de l'armée nationale au cours de l'année écoulée. Il n'a en revanche pas mentionné, pas même évoqué, la question de possibles élections.
Alors qu’acteurs politiques, observateurs, simples citoyens, nombreux étaient ceux qui guettaient pourtant une éventuelle annonce sur le sujet.
Guinée : le général Doumbouya annonce des élections en 2025
Mercredi 1er Janvier 2025
En Guinée, l'année 2025 sera une "année électorale cruciale", selon le général Mamadi Doumbouya. Une annonce faite lors de son discours de nouvel an.
En effet, Lors de ses vœux à la nation, le président de la Transition guinéenne a promis de doter la Guinée d'une nouvelle constitution. À cette fin, un panel d'experts sera chargé de la rédaction du texte. Le président guinéen a également annoncé que, dès le premier trimestre de cette année, un décret serait signé pour fixer la date du scrutin du référendum constitutionnel, après l’élaboration du nouveau code électoral : depuis plusieurs semaines, à l’initiative du Conseil National de la Transition (CNT), qui a, en vertu de l’article 57 de la Charte de la Transition, la mission d’élaborer le projet de Constitution, une vaste campagne de vulgarisation et d’appropriation de l’Avant-projet de Constitution est en cours dans tout le pays....IL est de mon devoir de m’assurer que le projet final, qui sera soumis à référendum reflète pleinement, et sans réserve, les réalités sociopolitiques, les aspirations de développement et les ambitions des générations futures» assure-t-il.
Le général Mamadi Doumbouya a ajouté que ces processus devraient mener à la tenue des élections générales dans des délais permettant une organisation impeccable et garantissant le respect des résultats des urnes.
En outre, le Chef de la Transition a conclu son discours en annonçant la reprise des activités politiques dès cette année 2025. En effet, plusieurs partis politiques avaient été suspendus, tandis que d’autres avaient été dissous en octobre dernier.
En Guinée, la page de la transition militaire ne se fermera pas ce 31 décembre 2024. Initialement, c'est ce mardi à minuit que devait s'opérer le retour à l'ordre constitutionnel, comme le général Mamadi Doumbouya et la junte du Comité national du rassemblement pour le développement (CNRD) s'y étaient engagés avec la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao).
En revanche, les opposants ne l'entendent pas de cette oreille. La plateforme des Forces vives de Guinée, qui regroupe des partis d'opposition et des organisations de la société civile annonce qu'elle ne reconnaitra plus les autorités transitoires à compter de ce mardi, à minuit. Les Forces vives de Guinée exigent le départ des militaires et la mise en place d'une transition civile. Elles appellent en outre à manifester à Conakry le 6 janvier 2025.
L’Algérie succède aux États-Unis pour présider le Conseil de sécurité de l'Onu
Jeudi 2 janvier 2025
L'Algérie succède aux États-Unis pour présider le Conseil de sécurité des Nations-Unies durant ce mois de janvier. Elle est depuis un an et demi-membre non permanent de ce Conseil, et elle occupe la présidence pour la quatrième fois dans son histoire. À cette occasion, le ministère algérien des Affaires étrangères a affirmé, dans un communiqué, son intention de faire entendre la voix des pays arabes et africains.
En clair, l'Afrique et le Moyen-Orient représentent les deux grandes priorités de l'Algérie durant sa présidence du Conseil de sécurité de l'Onu, qui durera un mois.
Alger exigera un cessez-le-feu immédiat et permanent à Gaza et l’engagement dans un processus de règlement pacifique : « Le moment est venu de donner au peuple palestinien les droits légitimes d’établir son État indépendant » a estimé Ahmed Attaf, le ministre algérien des Affaires étrangères.
L’Algérie prévoit également d’organiser une réunion de haut niveau sur la lutte contre le terrorisme en Afrique. L'objectif est de « débattre de l’expansion des activités terroristes en Afrique et des menaces qu’elles représentent pour la sécurité et la stabilité des pays africains » a indiqué Amar Bendjama, le représentant permanent de l’Algérie auprès des Nations Unies.
Alger s'attellera par ailleurs à renforcer le multilatéralisme, à défendre les règles et les principes du droit international, notamment le principe du règlement pacifique des conflits.
Le Mali dénonce la "persistance des actes d'ingérence" de l'Algérie
Jeudi 2 janvier 2025
Le Mali a dénoncé, mercredi, la "persistance des actes d'ingérence" de l'Algérie dont il accuse de soutenir des "groupes terroristes". Bamako demande à Alger de "cesser de faire du Mali un levier de son positionnement international".
Le ministère malien des Affaires étrangères a de nouveau dénoncé, mercredi 1er janvier, "la proximité et la complicité de l'Algérie avec les groupes terroristes, qui déstabilisent le Mali et à qui elle a offert le gîte et le couvert".
L'Algérie voisine a été l'ancien pays médiateur pour la paix dans la partie nord du Mali, confrontée à une rébellion touarègue, mais Bamako accuse, dans un communiqué, Alger de soutenir les "groupes terroristes" et pointe "la persistance des actes d'ingérence".
En outre, le ministère malien des Affaires étrangères affirme "avoir appris par voie de presse les propos" du chef de la diplomatie algérienne Ahmed Attaf, "commentant à nouveau la stratégie malienne de lutte contre le terrorisme", dans ce communiqué qui ne reproduit pas les propos incriminés, attribués à Ahmed Attaf.
Le ministère "condamne avec la dernière vigueur cette nouvelle ingérence de l'Algérie dans les affaires intérieures du Mali".
Bamako "rappelle que les options stratégiques pour la lutte contre les groupes armés terroristes, soutenus par des sponsors étatiques étrangers, relèvent exclusivement de la souveraineté du Mali" et de ses voisins burkinabè et nigérien.
Par ailleurs, il invite Alger "à cesser de faire du Mali un levier de son positionnement international".
La ministre éthiopienne de la Défense, en visite en Somalie
Vendredi 3 janvier 2025
La ministre éthiopienne de la Défense s'est rendue en Somalie le 2 janvier 2025, pour une première visite bilatérale depuis plus d'un an.
Le ministre somalien des Affaires étrangères, Ali Omar, a confirmé la venue d’Aisha Mohammed Mussa sans pour autant préciser l'objet de sa visite.
Les relations entre les deux pays s'étaient tendues au mois de janvier, lorsque le Somaliland et l'Éthiopie avaient alors signé un accord-cadre qui prévoyait l’ouverture d’une base navale sur la côte du Somaliland, à Berbera.
Un accord largement secret dont la nouvelle a entraîné une grave crise diplomatique dans la région, puisque le Somaliland est une république autoproclamée depuis 1991 mais qui n'est pas reconnue par la communauté internationale.
Toutefois, depuis, l'Éthiopie et la Somalie ont signé le 11 décembre un communiqué où les deux États conviennent « d'abandonner divergences d'opinion et questions litigieuses ».
En outre, un rapprochement a été conclu avec la médiation de la Turquie, avec, pour objectif, de garantir à l'Éthiopie un accès « fiable, sûr et durable » à la mer. Les deux États s'étaient engagés à se rencontrer « dans les quatre mois », afin de régler les divergences éventuelles. La rencontre de jeudi a marqué la reprise des échanges entre les deux pays.
Conflit dans l'est de la RDC : violents combats entre l'armée et le M23 dans le territoire de Masisi
Vendredi 3 janvier 2025
De violents affrontements ont opposé les rebelles du M23 soutenus, par le Rwanda, aux Forces armées congolaises, appuyées par des groupes armés locaux, jeudi 2 janvier, dans l'est de la RDC.
D'une grande intensité, ils se sont précisément déroulés dans plusieurs agglomérations du territoire de Masisi, à quelque 70 kilomètres à l'ouest de Goma, et ont provoqué un déplacement massif de population au lendemain des festivités du Nouvel An.
Selon la société civile congolaise, ces violents combats se sont précisément déroulés autour de Katale, une localité située à une vingtaine de kilomètres au sud-est de Masisi, le principal centre administratif de la région qui serait convoité par les rebelles du M23, selon plusieurs sources concordantes.
Des affrontements d'une grande intensité ont repris au Nord-Kivu depuis le sommet avorté de Luanda qui aurait dû réunir le président congolais, Félix Tshisekedi, et son homologue rwandais, Paul Kagame, le 15 décembre dernier, en Angola.
Le Sénégal et la Mauritanie vers l’exploitation de leur gisement de gaz commun
Jeudi 2 janvier 2024
Le Sénégal et la Mauritanie font un pas vers l’exploitation de leur gaz commun avec « l’ouverture du premier puits » de leur gisement marin, une étape importante devant conduire à « la commercialisation » du produit, précise un communiqué conjoint publié mercredi 1er janvier.
En effet, le projet Grand Tortue Ahmeyim (GTA), à la frontière avec la Mauritanie, est développé par le britannique BP avec l’américain Kosmos Energy, la Société mauritanienne des hydrocarbures (SMH) et Petrosen. Il devrait produire environ 2,5 millions de tonnes de gaz naturel liquéfié par an. Le début de la production initialement annoncé pour la fin de 2024 avait été repoussé à 2025, sans précision de date supplémentaire.
L’ouverture de ce premier puits de gaz « ouvre la voie au démarrage de la commercialisation du gaz prévue très prochainement », précise le communiqué.
Le Sénégal est entré depuis juin dans le cercle des pays producteurs d’hydrocarbures avec le début de l’extraction de pétrole du champ de Sangomar par la compagnie australienne Woodside. Ce champ en eaux profondes, à quelque 100 kilomètres au sud de Dakar, contient du pétrole et du gaz. Le projet, dont le développement a été lancé en 2020, a nécessité environ 5 milliards de dollars d’investissements, selon la compagnie. Il vise une production de 100 000 barils par jour.
La production de pétrole et de gaz au Sénégal sera destinée à l’exportation et à la consommation domestique.
Mali : l'ancien Premier ministre Choguel Maïga accusé de malversations
Jeudi 2 janvier 2024
Le Bureau du vérificateur général (BVG) du Mali a publié un rapport accablant concernant la gestion de l’Agence de gestion du fonds d’accès universel (Agefau) entre 2020 et 2023. L’ancien Premier ministre Choguel Maïga est accusé d’avoir couvert des malversations ou d’en avoir directement bénéficié.
Le rapport du BVG, long de 113 pages, décrit des irrégularités majeures dans la gestion des fonds publics sous la tutelle de l’Agefau. Une irrégularité notable concerne un prêt de plus de 20 milliards de FCFA accordé au Trésor public en 2020. Bien que Choguel Maïga ne fût pas Premier ministre à cette époque, d’autres irrégularités survenues entre 2021 et 2023 l’impliquent directement.
L’ancien Premier ministre Choguel Maïga est personnellement cité pour avoir organisé deux déplacements en 2023, financés par des frais de mission et des « dépenses de souveraineté » non prévues, d’une valeur totale de 47 millions de FCFA. Selon le BVG, ces frais étaient « induits » et non conformes aux règles.
L’entourage de Choguel Maïga dément toute convocation devant la Cour suprême ce 2 janvier, qualifiant les accusations de « complot politique ». Pourtant, les faits dénoncés par le BVG ont été transmis à la section des comptes de la Cour suprême, ce qui pourrait entraîner des poursuites judiciaires.
L’ancien Premier ministre du Mali, a été limogé en novembre 2024 après des tensions avec les militaires au pouvoir.