Œil sur l’Afrique n°14

Œil sur l’Afrique n°14

Œil sur l’Afrique

Début du Sommet de Kampala : l’Afrique façonne l’avenir de l’agriculture et de la sécurité alimentaire

Mardi 21 janvier 2025

L’avenir agricole de l’Afrique est au cœur d’un sommet extraordinaire de l’Union africaine à Kampala.

En effet, depuis deux jours, ministres et experts du continent africain se réunissent dans la capitale ougandaise Kampala pour élaborer une nouvelle stratégie visant à renforcer la sécurité alimentaire.

Ce samedi 11 janvier, la troisième journée du sommet, est marquée par la présence de plusieurs chefs d’État et l’adoption de la Déclaration de Kampala, qui guidera l'agriculture africaine pour la prochaine décennie.

Après les déclarations de Maputo et de Malabo, place désormais à celle de Kampala, avec un accent particulier sur la sécurité alimentaire du continent africain.

Un enjeu crucial, alors que plus de 280 millions d’Africains souffrent de la faim, selon l’Union africaine (UA). En cause : des systèmes agricoles fragilisés par les chocs climatiques, les conflits et une croissance démographique galopante, incapables de répondre à des besoins toujours plus pressants.

La nouvelle stratégie repose sur des mesures clés : intensifier une production durable, renforcer le commerce intra-africain et encourager une plus grande implication des jeunes et des femmes.

Parmi les solutions évoquées lors du sommet : promouvoir des cultures à haute densité nutritionnelle et renforcer la gouvernance des systèmes agro-alimentaires.

Guinée : le gouvernement suspend les partis non autorisés

Mardi 21 janvier 2025

La junte militaire au pouvoir depuis 2021 en Guinée a sommé jeudi 9 janvier les mouvements politiques « sans autorisation administrative préalable » de cesser leurs activités, après avoir fait savoir qu’elle entendait organiser des élections cette année.

Dans un communiqué lu à la télévision nationale dans la soirée, le ministre de l’administration du territoire et de la décentralisation, Ibrahima Khalil Condé, a dit regretter « la prolifération des mouvements politiques sans autorisation administrative préalable ». « En conséquence, il est demandé à tous ces mouvements politiques de cesser immédiatement leurs activités et de soumettre une demande d’autorisation administrative auprès de notre ministère pour leur existence légale », ajoute la déclaration.

Ces propos ont lieu dans un climat tendu, trois jours après une manifestation de l’opposition, qui réclame le départ de la junte et dénonce un exercice de plus en plus autoritaire du pouvoir.

La junte militaire s’était initialement engagée à céder le pouvoir à des civils élus à la fin de l’année 2024, promesse qu’elle n’a pas tenue.

Le général Mamadi Doumbouya, à la tête de la junte, a promis dans ses vœux du Nouvel An que 2025 serait une « année électorale cruciale pour parachever le retour à l’ordre constitutionnel ».

Jeudi, le porte-parole du gouvernement, Ousmane Gaoual Diallo, a estimé sur Radio France internationale (RFI) que des élections présidentielle et législatives pourraient avoir lieu avant la fin de l’année après un référendum pour l’adoption d’une nouvelle Constitution, « probablement » en mai.

Dans sa déclaration de jeudi soir, la junte « invite les institutions nationales, internationales, les partenaires techniques et financiers à cesser toute collaboration avec les 54 partis politiques suspendus jusqu’au 31 janvier 2025 ».

Présidentielle en Côte d’Ivoire : l'opposition demande des garanties

Mardi 21 janvier 2025

En Côte d’Ivoire, le chef de l’État, Alassane Ouattara, maintient le suspense sur sa candidature. Vendredi 10 janvier 2025, lors des échanges de vœux avec le corps diplomatique en poste à Abidjan, il a déclaré qu’il n’avait « pas encore pris de décision », tout en affirmant que l’élection du 25 octobre sera « paisible, démocratique et transparente ». Des déclarations qui suscitent, pour l’instant, un certain scepticisme au sein de la classe politique.

De son côté, l’opposition est unanime sur un point : pour que l'élection soit paisible, il faut relancer le dialogue politique, pour se mettre d’accord sur le processus électoral.

Au pouvoir depuis 2011, M. Ouattara, 83 ans, avait annoncé en 2020 qu’il souhaitait passer la main à une nouvelle génération. 

Le premier tour de la présidentielle doit se tenir le 25 octobre 2025. La Côte d’Ivoire a vécu plusieurs crises liées à des élections, comme celle de 2010-2011 qui avait fait quelque 3 000 morts. Jeudi, Alassane Ouattara a souhaité « rassurer » en affirmant que l’élection « sera paisible, démocratique et transparente ».

Plusieurs personnalités ont d’ores et déjà annoncé leur candidature.

Bénin : 28 soldats tués dans une attaque à la frontière avec le Niger et le Burkina Faso

Mardi 21 janvier 2025

Le Bénin a de nouveau subi une attaque contre ses forces armées ; 28 militaires ont été tués, mercredi 8 janvier, dans le Nord.

« Vingt-huit éléments des forces de défense et de sécurité ont été tués », a déclaré jeudi à l’Agence France-Presse (AFP) une source militaire haut placée qui a requis l’anonymat. « L’attaque a eu lieu au niveau du triple point », le nom donné à la zone frontalière entre le Bénin, le Niger et le Burkina Faso, a précisé cette même source.

Les attaques dans le nord du Bénin ont augmenté ces dernières années et sont attribuées par les autorités à des combattants djihadistes de l’organisation Etat islamique (EI) et d’Al-Qaïda venus des pays voisins, où ils sont actifs. La région frontalière avec le Burkina Faso reste l’épicentre de ces attaques. « Nous poursuivons le ratissage. Pour le moment, quarante assaillants ont été neutralisés », a ajouté la source militaire de l’AFP.

En décembre, trois soldats béninois ont été tués et quatre autres blessés dans une attaque dans le nord-est du Bénin.

Le 27 novembre, l’ambassade des Etats-Unis a fait don de 12 véhicules blindés de transport de troupes, de 280 plaques balistiques et de 35 radios tactiques à l’armée béninoise. 

Cet appui américain constitue « un soutien précieux aux forces armées dans leurs missions de défense », avait déclaré le ministre de la défense béninois, Fortunet Alain Nouatin, lors de la remise de ces équipements.

 Fin avril, l’Union européenne a annoncé débloquer 47 millions d’euros, notamment par le biais d’achat de matériel et d’équipements, pour soutenir le Bénin dans sa lutte antiterroriste.

Ghana : Le président John Dramani Mahama nomme son cabinet

Mardi 21 janvier 2025

Le nouveau président du Ghana, John Dramani Mahama, a annoncé ses nominations au sein de son cabinet. Pour plusieurs ministères clés : tels que la Justice, les Finances et l’Énergie.

M. John Dramani Mahama qui est revenu à la présidence après avoir servi de 2012 à 2017, a promis un cabinet réduit et des nominations rapides pendant sa campagne. La forte majorité parlementaire de son parti, le Congrès national démocratique (NDC), devrait faciliter le processus d’approbation de ces nominations.

M. Mahama a donné la priorité à la reprise économique, aux réformes favorables aux entreprises et à la lutte contre la corruption au début de son mandat.

Tchad : départ du premier contingent de troupes françaises

Mardi 21 janvier 2025

La France a rétrocédé au Tchad une deuxième base militaire au cours d'une cérémonie samedi à Abéché, dans l'est du pays, dans le cadre de la rupture des accords militaires avec la France fin novembre.

"Aujourd'hui, 11 janvier 2025, marque la rétrocession de la base d'Abéché", a déclaré le ministre des Armées tchadien, Issaka Malloua Djamouss, lors de la remise officielle des clés de la base aérienne.

Une phase "importante (...) menant au désengagement définitif et total de cette armée de notre pays", a-t-il ajouté.

Le ministre des Armées tchadien a rappelé la date du 31 janvier qui "marquera le départ définitif des forces françaises". Une date "impérative", "irréversible" et "non négociable", a-t-il martelé.

Quatre-vingt-dix militaires sur les 120 que comptait l'emprise ont décollé vers N'Djamena samedi et un premier convoi de matériel avait pris la route du port de Douala dès vendredi soir, a indiqué un responsable des forces françaises au Sahel.

Le Tchad était le dernier point d'ancrage de la France au Sahel, où Paris a compté jusqu'à plus de 5.000 militaires dans le cadre de l'opération antijihadiste Barkhane, stoppée fin novembre 2022.

Entre 2022 et 2023, quatre autres anciennes colonies françaises - le Niger, le Mali, la Centrafrique et le Burkina Faso - ont enjoint Paris à retirer son armée de leurs territoires.

Les pourparlers d'Al-Burhan au Mali et le renforcement de la coopération entre les deux pays

Mardi 21 janvier 2025

Le général Abdel Fattah al-Burhan est arrivé, samedi 11 janvier, au Mali pour une visite d'amitié et de travail de 48 heures. Il a été accueilli à l'aéroport de Bamako par le chef de la junte malienne, le général Assimi Goïta. Les deux parties entendent renforcer leurs relations dans plusieurs domaines.

Les premiers entretiens approfondis se sont déroulés au palais présidentiel, situé sur les hauteurs de Bamako.  

De sources proches de la rencontre, les deux délégations effectuent un « partage d’expérience » : le Mali est confronté à des rebellions jihadistes et indépendantistes, alors qu’au Soudan le général Abdel Fattah al-Burhan et les rebelles des Forces de soutien rapide (FSR) s’affrontent.

La coopération militaire est également au centre des entretiens. Le Soudan serait disposé à aider le Mali dans ce domaine particulier.

Soudan : l'armée reprend la capitale régionale Wad Madani aux mains des paramilitaires

Mardi 21 janvier 2025

L’armée soudanaise a repris samedi 11 janvier, avec des groupes alliés, Wad Madani, une importante capitale provinciale dans le centre du pays qui était aux mains des paramilitaires depuis plus d’un an.

Ce développement survient alors que les agences de l’ONU et ONG s’alarment régulièrement de la situation humanitaire au Soudan, où la guerre entre l’armée et les Forces de soutien rapide (FSR) fait rage depuis avril 2023.

Le bureau du ministre de l’information soudanais, Khalid al-Aiser, a déclaré dans l’après-midi que l’armée et des groupes armés alliés avaient « libéré » la ville, capitale de l’Etat d’Al-Jazira, située à environ 200 kilomètres au sud de Khartoum.

L’armée a de son côté « félicité » le peuple soudanais pour « l’entrée de nos forces dans la ville de Wad Madani ce matin ».

Les FSR contrôlent toujours le reste d’Al-Jazira, ainsi que presque toute la vaste région du Darfour, dans l’ouest du Soudan, et des zones du sud du pays. L’armée a la main sur le nord et l’est du pays, ainsi que certaines parties de la capitale Khartoum.

La guerre a fait des dizaines de milliers de morts, déplacé 12 millions de personnes et poussé le pays au bord de la famine. L’ONU a décrit la situation au Soudan comme la plus grande crise de déplacement de population au monde et l’une des pires crises humanitaires de mémoire récente.

Le Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef) a annoncé cette semaine que 3,2 millions d’enfants de moins de cinq ans risquaient de souffrir de malnutrition aigüe en 2025.

Le président somalien en visite en Ethiopie pour rétablir les relations entre les deux pays 

Mardi 21 janvier 2025

L'Éthiopie et la Somalie poursuivent leur rapprochement et annoncent la reprise totale de leurs relations diplomatiques. Après des mois de crise entre les deux pays, née d'un accord entre le gouvernement éthiopien et la région sécessioniste du Somaliland, un rapprochement s'était amorcé le mois dernier sous les auspices de la Turquie.

Et preuve de ce réchauffement, la visite, ce samedi 11 janvier, à Addis-Abeba, du président somalien Hassan Sheikh Mohamoud.

Le président de la Somalie, a été accueilli par le Premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed. Le communiqué, publié dans la soirée,« réaffirme que la stabilité de la région requiert une forte coopération, basée sur la confiance et le respect mutuels ».

Il annonce la reprise totale des relations diplomatiques et le retour du personnel respectif dans les deux capitales ainsi qu'une coopération sécuritaire et économique renforcée.

Cette rencontre intervient précisément un mois après qu'un accord a été trouvé pour mettre fin à une année de crise diplomatique sur fond de possible reconnaissance de l'indépendance de la région sécessioniste du Somaliland En échange de l’abandon du port de la mer Rouge et de la construction d’une base navale pour l’Éthiopie.

Pendant ce temps le chef de la diplomatie somalienne était, lui, au Caire pour une réunion trilatérale avec ses homologues égyptien et érythréen, en vue d'approfondir la « coopération sécuritaire et la stabilité » dans la corne de l'Afrique.

Le Nigéria rejoint les BRICS en tant que pays partenaire

Mardi 21 janvier 2025

Le Nigéria intègre les BRICS en tant que pays partenaire, a annoncé le gouvernement brésilien, qui assure actuellement la présidence tournante du bloc. Ce statut, permet au Nigéria de rejoindre des nations comme la Biélorussie, la Bolivie et la Malaisie.

Le groupe BRICS, qui réunit le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud, se positionne comme un acteur majeur des économies émergentes. Il vise à promouvoir la coopération économique et politique entre ses membres pour renforcer leur influence sur la scène mondiale.

Avec ses 220 millions d’habitants, le Nigéria est le pays le plus peuplé d’Afrique et l’une de ses plus grandes économies. Cette adhésion, selon le ministère brésilien des Affaires étrangères, reflète la volonté du groupe d’accroître la diversité économique et d’inclure davantage de puissances régionales.

Les BRICS espèrent qu’avec cette expansion, le bloc pourra intensifier la coopération Sud-Sud et contribuer à une gouvernance mondiale plus équitable et équilibrée, tout en offrant des opportunités économiques à ses membres et partenaires.

Soudan : le général al-Burhan achève une tournée en Afrique de l'Ouest

Mardi 21 janvier 2025

Le chef de l’Armée soudanais, le général Abdel Fattah al-Burhan, achève une tournée ouest-africaine qui l’a conduit, cette semaine, au Mali, en Guinée, en Sierra Leone, au Sénégal et en Mauritanie. Il s’agit de sa première visite dans ces pays d’Afrique de l’Ouest, depuis le début de la guerre civile entre l’armée régulière et les paramilitaires.

Cette tournée du général al-Burhan est perçue comme une tentative d'obtenir des soutiens pour une réintégration du Soudan à l’organisation.

Tout au long de sa tournée, le général al-Burhan n’a cessé de dénoncer les soutiens extérieurs dont bénéficient les paramilitaires du général Hemedti.

Lors de sa visite à Bamako, le président malien Assimi Goïta a réitéré le soutien du Mali au Soudan, dénonçant « des ennemis qui œuvrent contre la stabilité du pays », pour convoiter ses ressources.

En Mauritanie, le président Mohamed Ould Ghazouani, également président de l’Union africaine, s'est dit prêt à contribuer au soutien du Soudan pour surmonter la crise, mais rien n'a filtré sur la teneur des échanges quant à la réintégration du Soudan au sein de l'UA.

Washington avait proposé d’étendre le couloir de Lobito à l’est de la RDC, comme « incitation » à un accord de paix

Mardi 21 janvier 2025

À quelques jours du départ de Joe Biden de la Maison Blanche, sa secrétaire d’État adjointe chargée des Affaires africaines s’est exprimée à l’AFP. Dans une interview, publiée ce samedi 18 janvier, Molly Phee est notamment revenue sur le futur corridor ferroviaire de Lobito, un projet ambitieux qui relie le sud de la RDC et de la Zambie à la côte atlantique de l’Angola. Washington souhaitait l’étendre jusqu’à l’est de la RDC en tant qu'incitation à un accord de paix.

Dans son interview à l'AFP, Molly Phee explique que l'idée américaine était de développer une extension du couloir de Lobito jusqu'à l’est de la RDC. La diplomate américaine parle d'« incitations positives » aux deux pays pour parvenir à un accord de paix.

« Nous pouvions travailler au développement d'un embranchement du couloir de Lobito si nous parvenions à stabiliser l'Est de la RDC. Un cadre bien négocié par les parties existe. Il était sur la bonne voie », ajoute la diplomate américaine, mais Kigali s’en est éloigné.

« Le Rwanda a fait marche arrière », regrette Molly Phee, rappelant que le président rwandais, Paul Kagame, ne s'est pas rendu au sommet de Luanda, en décembre dernier, et depuis, le Rwanda et le M23 ont gagné du terrain, éloignant encore davantage la perspective d’une paix durable dans l’est de la RDC.

Dans cette interview, Molly Phee est aussi revenue sur sa participation, en tant que membre de l'Administration américaine, aux côtés de la chef du Renseignement américaine, Avril Haines, aux discussions relatives au processus de Paix. Elle explique que les États-Unis ont présenté une solution qui incluait une répression, en RDC, contre les FDLR, un premier plan refusé par Kinshasa.

Burkina Faso : le groupe Vista entre sur le marché français

Mardi 21 janvier 2025

Vista Group, basée à Ouagadougou et qui appartient au groupe américain Lilium, sera lancée dans le courant de l'année en France. Une banque loin d'être une inconnue, Vista Group avait déjà acheté les filiales africaines de Société Générale et de BNP Paribas. Une banque panafricaine qui entre sur le marché européen à l'heure où les banques françaises quittent l'Afrique.

C'est la première opération de la banque burkinabè en dehors de l'Afrique. Un moyen pour Vista Group d'élargir sa base d'investisseurs, de gagner en notoriété, tout en ayant accès au marché des capitaux, cet espace où s’échangent des ressources financières.

Une arrivée prévue en France au second semestre de cette année, avant une implantation en Asie.

Le directeur du groupe bancaire, Simon Teimori, a déclaré que cela est bénéfique pour les pays et les communautés africaines présentes en Europe. Il a souligné que « ces communautés dynamiques, qui contribuent largement à notre économie, ont besoin d’un moyen de faciliter ces transactions, pour pouvoir promouvoir les opportunités en Afrique auprès de cette communauté entrepreneuriale qui souhaite revenir investir en Afrique ».

Le Togo va-t-il rejoindre l'Alliance des États du Sahel ?

Mardi 21 janvier 2025

Selon Robert Dussey, le ministre togolais des Affaires étrangères : « Ce n'est pas impossible » que le Togo rejoint l'Alliance des États du Sahel, il l’a dit jeudi dans un entretien accordé à la chaîne de télévision VoxAfrica, tout en précisant que la décision doit venir du président ou du Parlement. Le ministre estime que la population togolaise y est favorable. Le Togo entretient de bonnes relations avec les pays sahéliens, et a plusieurs fois joué un rôle de médiateur entre la Cédéao et le Niger, suite au coup d'État de juillet 2023, ou entre le Mali et la Côte d'Ivoire, par exemple.

En outre, il n’a jamais caché ses relations avec les régimes militaires du Sahel. Dans son entretien avec VoxAfrica, le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération et de l'Intégration africaine du Togo, Robert Dussey, réaffirme la proximité de Lomé avec l'AES, créée par le Mali, le Burkina Faso et le Niger, qui ont tourné le dos à la Cédéao.

En mai dernier, Lomé a aussi pris part à des exercices militaires conjoints avec les trois pays de l'Alliance des États du Sahel et le Tchad.

Un rapprochement entre le Togo et les pays sahéliens enclavés pourrait bénéficier au port de Lomé que le Niger utilise déjà pour importer des marchandises, au détriment du port de Cotonou, puisque Niamey garde sa frontière avec le Bénin fermée.

République démocratique du Congo : 237 000 personnes déplacées par les violences à l'est du pays

Mardi 21 janvier 2025

Les combats dans l'est de la République démocratique du Congo ont déplacé 237.000 personnes depuis début janvier, a indiqué vendredi le Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR), se disant "alarmé par l'aggravation de la violence".

"L'escalade des affrontements entre les groupes armés non étatiques et l'armée congolaise dans les provinces du Nord et du Sud-Kivu intensifie l'une des crises humanitaires les plus alarmantes au monde, mais dont on ne parle pas assez, marquée par des violations généralisées des droits humains et des déplacements forcés massifs", a indiqué le HCR dans un communiqué.

Ces dernières semaines, le groupe armé, considéré par Kinshasa comme "un mouvement terroriste", a gagné du terrain, prenant notamment le contrôle de Masisi, capitale administrative du territoire situé dans la province du Nord-Kivu.

L'armée congolaise, qui s'est dite "déterminée" à reprendre les territoires perdus, mène depuis plusieurs jours des contre-offensives et la situation reste confuse dans plusieurs zones.

Le président de la République centrafricaine accueille les troupes russes dans son pay

Mardi 21 janvier 2025

Le président centrafricain Faustin-Archange Touadéra a rencontré son homologue russe Vladimir Poutine ce 16 janvier à Moscou.

Lors de la rencontre le président centrafricain a salué l'aide apportée par de « braves guerriers » russes à son pays, où la Russie avait dépêché des mercenaires présentés comme « instructeurs » militaires.

Le président centrafricain a appelé le chef de l'État russe « [son] très cher ami ». Et dans la partie de son discours rendue publique, il s'est félicité pour la présence des forces russes dans son pays.

« Aujourd'hui, l'armée formée par les instructeurs russes est une force puissante qui poursuit et détruit les terroristes et autres criminels sur le territoire de la République centrafricaine », a déclaré Faustin-Archange Touadéra. « Nous voulons continuer à travailler pour renforcer la sécurité à l'intérieur du pays aux frontières de la République centrafricaine en collaboration avec des spécialistes russes qui se sont révélés être de véritables professionnels et de braves guerriers », a souligné le chef d'État centrafricain.

« La République centrafricaine regorge d'énormes ressources stratégiques et minières encore inexploitées. Je me réjouis de la signature par nos ministres des Mines et de l'Agriculture des protocoles d'accords en vue de redynamiser notre coopération dans ces deux domaines », a-t-il ajouté.

Quelques heures auparavant, la présidente du conseil de la Fédération, Valentina Matvienko, avait promis à Faustin-Archange Touadéra que les législateurs feraient tout leur possible pour la mise en œuvre des accords.

Le Kenya et les Émirats arabes unis signent un accord de partenariat économique global

Mardi 21 janvier 2

Les Émirats arabes unis et le Kenya ont signé un accord de partenariat économique global CEPA.

Cet accord, le premier du genre entre les Émirats et un pays d’Afrique vise à stimuler le commerce et l'investissement, à créer des opportunités commerciales et à renforcer les liens économiques à travers l'Afrique.

Le président émirati Sheikh Mohamed bin Zayed Al Nahyan et son homologue kenyan, William Ruto, ont assisté mardi à la signature du CEPA.

Au cours des neuf premiers mois de 2024, le commerce bilatéral non pétrolier entre les EAU et le Kenya a atteint 3,1 milliards de dollars.

L'économie du Kenya, l'une des plus prometteuses d'Afrique, a enregistré une croissance réelle du PIB de 5,6 % en 2023. Les projections prévoient une croissance moyenne de 5,2 % entre 2024 et 2026.

Les présidents angolais et français appellent à renforcer les consultations politiques entre les deux pays

Mardi 21 janvier 2025

Le président français Emmanuel Macron a reçu ce 16 janvier 2025 son homologue angolais João Lourenço au cours d'une visite d'État de ce dernier. Ils se sont notamment engagés à « renforcer les consultations politiques » entre leurs deux pays sur les « enjeux internationaux et régionaux », évoquant notamment la crise dans l’est de la RDC pour laquelle l’Angola mène une médiation entre Congolais et Rwandais.

Le président angolais João Lourenço était accompagné en France d'une dizaine de ministres, dont la ministre des Finances ou encore le ministre de l'Agriculture et celui du Pétrole. Après avoir été accueilli par une cérémonie dans la cour des Invalides, le chef de l'État angolais et sa délégation ont participé à une réunion de travail avec le président français Emmanuel Macron, durant une heure et demie.

 Emmanuel Macron a rappelé que l'Angola et la France ont en ligne de mire un agenda croisé : « Dans quelques semaines, vous serez à la tête de l'Union africaine et je vous souhaite tout le succès requis. Et la France aura en 2026, la présidence du G7 ». Dans cette perspective, les deux chefs d'État se sont engagés à un « partenariat resserré » entre leurs deux pays.

Sur le plan des enjeux diplomatiques, la question du rôle de médiation de l'Angola dans le conflit qui oppose Kinshasa et Kigali dans l'est de la RDC a été abordée. Emmanuel Macron a indiqué que la France soutient l'investissement de l'Angola dans le processus de paix de Luanda, pour la recherche « d'une paix durable dans le respect de l'intégrité territoriale de la RDC ».

Les présidents français et angolais appellent à la reprise des discussions « au plus haut niveau » entre la République démocratique du Congo et le Rwanda.

Par ailleurs, sur le plan économique, plus de 430 millions d'euros de contrats vont être signés et concrétisés dans le cadre de cette visite d'État, notamment un contrat avec l'entreprise française Suez, qui permettra d'améliorer l'accès à l'eau potable pour 3 millions de personnes dans la capitale angolaise, Luanda.

Le Premier ministre sénégalais conclut sa visite en Mauritanie

Mardi 21 janvier 2025

Arrivé dimanche à Nouakchott, le Premier ministre du Sénégal y achève une visite de trois jours, ce mardi 14 janvier. Venu en voisin pour approfondir les relations avec la Mauritanie à qui le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye avait réservé son premier voyage officiel juste après son élection en mars dernier.

Le Premier ministre sénégalais en a fait l'annonce à l'issue d'une réunion avec son homologue mauritanien, Moctar Ould Diay : un comité pour achever le pont de Rosso qui doit enjamber le fleuve Sénégal pour relier les deux pays va être créé avec, pour objectif, de livrer l'ouvrage au plus tard au mois de juillet 2026.

La structure aura pour principale mission de faire en sorte d'accélérer sa construction qui a pris beaucoup de retard. Alors que le chantier a été lancé il y a deux ans, 30 % du pont seulement ont été réalisés à ce jour. 

Les deux pays ont pris la décision de créer des emplois dans l'industrie pétrolière et gazière et, surtout, de former une main d’œuvre qualifiée pour y travailler. Un accord en ce sens a été signé ce lundi 13 janvier entre les ministres sénégalais et mauritanien du Pétrole et de l’Energie qui ont aussi rappelé à cette occasion leur volonté de se coordonner sur le projet d’exploitation commune du gisement de gaz qui se trouve au large de la ville sénégalaise de Saint-Louis.

Le chef de la junte militaire du Burkina Faso, Emmanuel Macron, a « insulté tous les Africains ».

Mardi 21 janvier 2025

Le chef de la junte au Burkina Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, a estimé, lundi 13 janvier, qu'Emmanuel Macron avait « insulté tous les Africains » dans son discours où le président français déclarait « l'ingratitude » de certains pays envers Paris.

Dans un discours en ouverture de la conférence des ambassadeurs, le 6 janvier à Paris, Emmanuel Macron avait affirmé que « la France n'est pas en recul en Afrique », en dépit des pays qui ont exigé le départ des troupes françaises basées sur leur sol. Emmanuel Macron avait ajouté : «Nous avons réussi à empêcher l’établissement d’un califat régional qui menacerait les intérêts et la sécurité de la France dans la région du Sahel, et sans l’intervention des militaires français, la question aurait été effectivement résolue. Je crois qu'on a oublié de nous dire merci. Ce n'est pas grave, ça viendra avec le temps. L'ingratitude, je suis bien placé pour le savoir, c'est une maladie non transmissible à l'homme. Et les pays africains ne seraient pas devenus souverains sans la présence de l’armée française dans la région du Sahel. »

Ces mots avaient provoqué des réactions virulentes en Afrique, notamment au Tchad et au Sénégal. Lundi 13 janvier 2025, c'est au tour du Burkina Faso de réagir à ces propos. Le capitaine Ibrahim Traoré, chef de la junte, a déclaré : « Il a insulté tous les Africains [...] Voilà comment ce Monsieur voit l'Afrique, voit les Africains. Nous ne sommes pas des humains à ses yeux », a-t-il déclaré lors d'une cérémonie de vœux.

Les relations entre le Burkina Faso et la France n'ont cessé de se dégrader depuis la prise de pouvoir par du capitaine Traoré, en septembre 2022. 

Tanzanie : Appels du parti au pouvoir (CCM) à désigner la présidente Samia Suluhu pour les prochaines élections.

Mardi 21 janvier 2025

Les membres du parti au pouvoir en Tanzanie, le Chama Cha Mapinduzi (CCM), ont désigné dimanche 19 janvier à l'unanimité la présidente Samia Suluhu Hassan comme candidate à sa réélection lors des élections générales prévues en octobre.

En effet, le CCM a tenu une assemblée générale extraordinaire samedi et dimanche pour élire le vice-président du parti et recevoir le rapport de mise en œuvre du manifeste des quatre dernières années.

Les membres ont finalement exigé et obtenu l'approbation de Mme Hassan et du président de Zanzibar, Hussein Ali Mwinyi, comme candidats à leur réélection au scrutin d'octobre prochain. Le secrétaire général du CCM Emmanuel Nchimbi a lui été désigné colistier de Mme Hassan.

L'île Maurice et l'Inde discutent du renforcement de leur coopération en matière de transformation numérique

Mardi 21 janvier 2025

La République de Maurice a entamé depuis près de 4 ans sa transformation numérique. Pour réussir cette digitalisation, le gouvernement collabore avec des partenaires stratégiques capables de le soutenir techniquement.

En effet, Maurice et l’Inde souhaitent intensifier leur partenariat en matière de technologies de l’information, de la communication (TIC) et l’innovation. Le sujet a été au cœur des discussions le mercredi 15 janvier, lors d’une rencontre à Ebène entre le ministre mauricien des TIC, le Dr. Avinash Ramtohul, et le Haut-Commissaire indien à Maurice, Anurag Srivastava.

Selon le ministre, les échanges ont porté sur les domaines de collaboration possibles, compte tenu des liens culturels et historiques qui unissent les 2 pays. « Maurice a beaucoup à apprendre du processus de numérisation réussi de l’Inde » a-t-il déclaré, en soulignant les opportunités offertes par ce partenariat stratégique.

La rencontre s’inscrit dans la continuité de relations déjà fructueuses entre les 2 pays.

En 2023, elles avaient signé un protocole d’accord pour développer, lancer et exploiter un satellite d’observation de la Terre pour Maurice.

S’inscrivant dans cette dynamique, Maurice a érigé les TIC en 3e pilier de son économie, contribuant à hauteur de 5,7% à son PIB.

 

 

025