Œil sur l’Afrique n°15

Œil sur l’Afrique n°15

Soudan : des dizaines de morts dans une attaque de drone contre un hôpital du Darfour

Lundi 27 janvier 2025

Une source médicale et des militants pro-démocratie ont déclaré samedi que 70 personnes ont été tuées et une vingtaine blessées dans une attaque de drone contre le dernier hôpital en activité, « Al-Saudi Hospital » dans la ville d'El Fasher, la capitale du Darfour du Nord, qui est assiégée par les milices de soutien rapide depuis des mois.

Le bâtiment abritant le service des urgences a été gravement endommagé par le bombardement, mais il est encore difficile de dire si l'hôpital devra cesser définitivement ses activités après cet attentat ou s'il reprendra son fonctionnement.

Le camp de déplacés d'Abou Chouk est notamment régulièrement la cible de tirs d'artillerie des forces paramilitaires. Vendredi matin, huit personnes ont péri dans des bombardements sur ce camp, en proie à la famine.

Le Soudan est en proie à une guerre opposant l’armée, dirigée par le général Abdel Fattah Al-Bourhane, aux paramilitaires des FSR, menés par son ancien allié, le général Mohammed Hamdan Daglo. Le conflit a fait des dizaines de milliers de morts, plus de 12 millions de déplacés, et des centaines de milliers de personnes sont victimes de la famine.

Les Nations unies ont dit craindre pour la sécurité des civils à El-Fasher, au Soudan, disant redouter une « offensive imminente » des forces paramilitaires. « Nous sommes profondément inquiets », a déclaré dans un communiqué, mercredi 22 janvier, le porte-parole du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme (HCDH), Seif Magango. Il a ainsi évoqué un ultimatum lancé cette semaine par les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR).

Dans cet ultimatum, les FSR demandaient que toutes les forces armées et leurs alliés quittent El-Fasher d’ici à mercredi après-midi, indiquant qu’elles étaient prêtes à mener « une offensive imminente », a souligné M. Magango. L’armée a répondu « être prête à résister à l’assaut », a-t-il ajouté. « Nous renouvelons notre appel à toutes les parties pour une désescalade des tensions autour de la ville et à prendre des mesures urgentes pour s’assurer de la protection des civils, en conformité avec leurs obligations en vertu du droit international », a exhorté le porte-parole.

République démocratique du Congo : les combats s'intensifient autour de Goma, au Nord-Kivu

Lundi 27 janvier 2025

Le conflit en République démocratique du Congo s'est intensifié, près de la ville de Goma, capitale de la province du Nord-Kivu, où le conflit se poursuit entre l'armée congolaise et ses alliés et le groupe M23 soutenu par le Rwanda.

Les combats ont entraîné la mort de 13 soldats sud-africains, malawites et uruguayens, qui faisaient partie de la force régionale déployée par la Communauté de développement de l'Afrique australe et de la mission des Nations Unies (MONUSCO). La Mission de l'Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo, impliquée dans les combats, avait précédemment annoncé que neuf Casques bleus avaient été blessés.

La République démocratique du Congo a rappelé ses diplomates au Rwanda. La réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU, qui devait se tenir lundi, a été reportée à dimanche. Emmanuel Macron, lors d'un entretien téléphonique avec les dirigeants de la République démocratique du Congo et du Rwanda, a appelé à une "fin immédiate de l'offensive du M23".

Le porte-parole de l'armée congolaise, le général Sylvain Ekenge, a déclaré que les combats se poursuivaient autour de Goma. Avec l'appui de la MONUSCO et des forces de la SADC, les FARDC ont réussi à stopper l'avancée des forces rwandaises et du M23 en mars, tout en soulignant que « les FARDC ne leur permettront pas d'entrer à Goma. » Comme le rapporte le correspondant de Radio France Internationale au Sud-Kivu .

Les combats ont fait des victimes. Parmi les victimes figure le gouverneur de la province du Nord-Kivu, le général de division Peter Sirimwami, mortellement blessé jeudi.

Dans une lettre adressée par le ministère congolais des Affaires étrangères à l'ambassade du Rwanda à Kinshasa et transmise à la presse par la présidence congolaise, la République démocratique du Congo a annoncé « le rappel des diplomates de l'ambassade de la République démocratique du Congo à Kinshasa ». Kigali à partir d'aujourd'hui." « Elle appelle les autorités rwandaises compétentes à tirer toutes les conséquences de cette décision en suspendant toutes les activités diplomatiques et consulaires de l’Ambassade de la République du Rwanda à Kinshasa dans un délai de 48 heures. »

Lors d'une conférence de presse samedi soir à Kinshasa, le porte-parole officiel des forces armées congolaises, le général major Sylvain Ekenge, a déclaré que « le Rwanda est déterminé à reprendre la ville de Goma », soulignant que les forces congolaises sont déterminées à « repousser les attaques de l'armée congolaise ». ennemi."

"Si le M23 et l'armée rwandaise atteignent Goma, ce sera leur cimetière", a déclaré Jean Romuald Ekoka Lepopo, vice-gouverneur de la province du Kivu.

Selon les Nations Unies, plus de 400 000 personnes ont été déplacées par les combats qui ont débuté en janvier. C'est le double du nombre annoncé la semaine dernière de nouvelles personnes déplacées, dont beaucoup sont arrivées à Goma où l'on compte déjà plus de 600 000 personnes dans les camps environnants.

De nombreuses organisations internationales ont élaboré des plans d’évacuation. L’ONU a annoncé le transfert de tout son personnel non essentiel, mais a confirmé qu’elle poursuivrait ses opérations. L'Allemagne a appelé ses citoyens à quitter le Nord-Kivu.

Au niveau diplomatique, plusieurs déclarations ont été publiées condamnant cette attaque du mouvement M23 et de son allié le Rwanda, ainsi que les pressions sécuritaires sur Goma. L'Union africaine, par la voix du président de la Commission, Moussa Faki Mahamat, a exprimé sa profonde préoccupation et évoqué l'importance de revenir au processus de Luanda dans un communiqué de presse qui n'a pas mentionné le M23.

L'Union européenne a exprimé aujourd'hui, samedi 25 janvier 2025, sa préoccupation face aux combats qui se déroulent autour de Goma. Elle s'est dite « profondément préoccupée par l'escalade du conflit » et a pointé la responsabilité du Rwanda. L’Union européenne a par ailleurs prévenu qu’elle assumerait ses responsabilités si les combats se poursuivaient. Selon Radio France Internationale, le Rwanda rejette les accusations des Nations Unies et de l'Union européenne.

Le président de la Commission électorale de Côte d'Ivoire appelle à des élections pacifiques

Lundi 27 janvier 2025

En Côte d’Ivoire, Ibrahime Coulibaly-Kuibiert, le président de la Commission électorale indépendante, a rencontré, jeudi 23 janvier, dans la soirée, à Abidjan, le barreau de l’Ordre des avocats. Une séance d’échanges au cours de laquelle ce responsable a expliqué comment il compte assurer la tenue d’une élection présidentielle apaisée en octobre 2025.

Dès le début des débats, Ibrahime Coulibaly-Kuibiert, le président de la Commission électorale indépendante (CEI) de Côte d'Ivoire, se veut rassurant : « Oui, la CEI peut tenir le pari de tenir des élections apaisées à condition que les autres parties prenantes s’impliquent dans la paix ».

Dans son exposé, ce responsable affirme que le « fonctionnement de la CEI est transparent et sincère », il liste une série de modalités pratiques pour démontrer que le scrutin sera transparent le 25 octobre prochain.

Ces assurances suscitent toutefois des doutes auprès des avocats, notamment concernant la composition de la CEI.

« L’inclusion ou la neutralité, tout se passe dans la tête des hommes », se défend le président de la CEI, qui affiche une certaine ouverture pour améliorer le système.  Prochaine étape pour l'instance : la publication courant mars, de la liste électorale provisoire.

Gabon : annonce des élections présidentielles en avril prochain

Lundi 27 janvier 2025

L’élection présidentielle au Gabon se tiendra le 12 avril, a annoncé, jeudi 23 janvier, le porte-parole du gouvernement.

« Le collège électoral est convoqué le samedi 12 avril 2025 », a annoncé Séraphin Akure-Davain, porte-parole du gouvernement de transition, dans la nuit de mercredi à jeudi à l’issue d’un conseil des ministres. « Le scrutin se déroulera de 7 heures à 18 heures, conformément à la réglementation en vigueur », a-t-il précisé.

Porté au pouvoir par la junte qui a renversé le président Ali Bongo en août 2023, le général Brice Oligui Nguema a promis de rendre le pouvoir aux civils au terme de deux ans de transition, mais ne cache pas ses ambitions présidentielles, selon les médias locaux.

Lundi, un nouveau code électoral a été adopté, autorisant notamment les militaires à se présenter aux élections sous condition. Une nouvelle Constitution, approuvée en septembre 2024 par le Parlement de transition, avait été votée par référendum en novembre.

A noter que cette élection présidentielle est une étape décisive vers le retour à un régime civil promis par la junte militaire au pouvoir depuis le coup d’Etat de 2023 qui a chassé la dynastie Bongo.

Le FMI annonce un décaissement de 51 millions de dollars en faveur du Niger

Lundi 27 janvier 2025

Le FMI a annoncé mardi un décaissement immédiat d’environ 51 millions de dollars pour le Niger. L'institution financière a également conclu sa consultation de l'économie nigérienne pour 2024 estimant qu'une « reprise robuste » était attendue.

La croissance du PIB nigérien est estimée à 8,8% pour 2024 grâce à la production pétrolière. C'est en deçà de certaines prévisions réalisées en début d'année. Pour rappel, la banque africaine de développement tablait alors sur plus de 11%.

L'augmentation des richesses devrait se poursuivre en 2025, avec des exportations d'or noir qui s'accentueront grâce à « la normalisation de juillet 2023 ont aussi affecté durablement les conditions économiques et sociales des activités commerciales avec le Bénin » dixit le FMI, même si la frontière reste aujourd'hui fermée

Cependant, les risques de crise de la dette « sont élevés » assure l'institution financière. L'économie nigérienne est en effet toujours fragile, prise au piège entre les conflits armés, les chocs climatiques et l'instabilité politique. 

Enfin, un gros travail doit être réalisé pour mobiliser le secteur privé répète le FMI. L'accès à des financements pour ces entreprises restent encore très limité.

L'Alliance africaine pour le Sahel crée une force militaire pour lutter contre le terrorisme

Lundi 27 janvier 2025

Une "force unifiée" de 5.000 soldats des armées du Niger, du Burkina Faso et du Mali, trois pays sahéliens gouvernés par des juntes militaires, va voir le jour dans les prochaines semaines pour lutter contre les jihadistes, a annoncé mardi le ministre nigérien de la Défense. 

Ces trois pays ont formé l'an dernier une confédération, l'Alliance des Etats du Sahel (AES). 

"Dans cet espace commun, nos forces pourront désormais intervenir ensemble", a déclaré le général Salifou Mody, précisant que cette "force unifiée, qui est pratiquement prête, a un effectif de 5.000 hommes". 

"Cette force unifiée aura non seulement son personnel, mais ses moyens aériens, ses moyens terrestres, ses moyens de renseignement et, bien sûr, son système de coordination", a-t-il ajouté lors d'une interview à la télévision publique nigérienne, expliquant qu'il s'agit d'une "question de semaines" avant qu'elle ne soit opérationnelle. 

Les trois pays de l'AES constituent un vaste territoire enclavé de 2,8 millions de kilomètres carrés. Ils font face aux attaques récurrentes de groupes djihadistes liés à Al-Qaida ou l'Etat islamique depuis une décennie. 

"Nous sommes dans un même espace, nous faisons face aux mêmes types de menaces, notamment cette menace de groupes criminels. Il fallait mutualiser nos efforts", a déclaré le général Mody. 

Les pays de l'AES mènent déjà des opérations ponctuelles conjointes contre les djihadistes, notamment dans la zone des trois frontières où les attaques sont les plus nombreuses.

Union africaine : le retrait des États-Unis de l’OMS a des conséquences majeures

Lundi 27 janvier 2025

La décision du président américain Donald Trump de retirer les Etats-Unis de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) aurait un impact significatif sur les programmes de santé publique en Afrique, a affirmé jeudi l'agence sanitaire de l'Union africaine (Africa CDC).

M. Trump a signé ce décret quelques heures après son investiture lundi, justifiant ce retrait par l'écart des contributions financières américaines et chinoises.

Ngashi Ngongo, chef de cabinet de l'Africa CDC, a affirmé qu'il s'agissait d'"une décision de haute importance pour l'Afrique." Les Etats-Unis "sont l'un des principaux contributeurs à la santé publique en Afrique", a-t-il déclaré lors d'un point presse en ligne.

M. Ngongo a précisé que l'Africa CDC elle-même ne "s'attend pas vraiment à tant d'impact" du retrait américain, s'il est confirmé, moins de 10% de ses financements venant actuellement des Etats-Unis. En revanche, ce retrait toucherait "grandement" les Etats membres de l'agence, a-t-il dit, soulignant que de nombreux pays africains reçoivent notamment des fonds du programme américain PEPFAR pour lutter contre le sida.

Interrogé sur le fait de savoir si la Chine ou d'autres pays pourraient combler le manque à gagner, M. Ngongo a déclaré qu'il faudrait à l'Africa CDC être ouverte aux "pays bien intentionnés qui peuvent venir pour secourir les Etats membres africains."

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) et l'Union africaine (UA) ont toutes deux déploré cette décision, appelant les Etats-Unis à la reconsidérer. "Les États-Unis ont été l'un des premiers et forts partisans de la création de l'Africa CDC" qui travaille avec l'OMS pour "détecter, préparer, répondre et se remettre des pandémies", a mis en garde l'UA mercredi.

Alliance politique et coopération conjointe entre la Russie et la République centrafricaine

Lundi 27 janvier 2025

Un accord a été signé, lundi, entre le Mouvement cœurs unis (MCU), le parti du président centrafricain Faustin-Archange Touadera, et Russie unie, la formation de Vladimir Poutine. d'où est rentré ce week-end le chef de l'État après une visite officielle de trois jours.

Selon l'ambassade de Russie, cet accord de coopération ouvre « de nouveaux horizons ». Il prévoit un « approfondissement » des relations entre les deux partis, des projets communs et « des échanges d'expérience en matière législative ».

Une suite symbolique au voyage à Moscou du président Touadéra qui intervient alors que commence la mobilisation de ses soutiens en vue d'un nouveau mandat à la présidentielle de fin d'année.

La Russie renforce sa présence diplomatique en Afrique

Lundi 27 janvier 2025

La Russie poursuit son ambition de renforcer sa présence diplomatique en Afrique en annonçant l’ouverture de trois nouvelles ambassades au Niger, en Sierra Leone et au Soudan du Sud.

Cette décision, dévoilée par la porte-parole du ministère des Affaires étrangères russe, Maria Zakharova, illustre la volonté de Moscou de hisser ses relations avec le continent à un niveau supérieur.

« L’ouverture d’ambassades russes dans les pays du continent correspond à la volonté, mutuelle avec les partenaires africains, de porter notre coopération multiforme à un niveau plus élevé », a-t-elle déclaré lors d’un point de presse à Moscou.

Le choix des trois pays révèle une stratégie ciblée. A titre d’exemple, le Niger, malgré une instabilité politique récente, reste un acteur clé en Afrique de l’Ouest, notamment en raison de sa position géographique stratégique et de son rôle dans la lutte contre le terrorisme.

La Sierra Leone, pays en pleine relance économique après des décennies de troubles, représente un partenaire prometteur pour des projets de développement. Le Soudan du Sud, riche en ressources pétrolières mais confronté à des défis de stabilité, offre à Moscou des opportunités significatives dans les secteurs énergétique et infrastructurel.

Tunisie : Des foules de gens manifestent pour libérer les détenus et réclamer leurs droits.

Lundi 27 janvier 2025

À l'occasion de l'anniversaire de l'abolition de l'esclavage en Tunisie, des organisations de défense des droits humains appellent à mettre fin aux campagnes de haine contre les Subsahariens et à protéger ceux qui les soutiennent.

Dans le pays, défendre publiquement les droits des migrants subsahariens peut être perçu comme un délit. Cette réalité a conduit à l'emprisonnement d'au moins dix journalistes, militants des droits humains, responsables associatifs et conseillers municipaux.

Le 22 janvier, veille de cette commémoration, les familles des détenus se sont réunies pour demander leur libération, critiquant des arrestations qu'elles jugent abusives et fondées sur des accusations vagues et des dossiers incomplets.

Ghana : Nomination d’un envoyé spécial pour renforcer les relations avec l’Alliance du Sahel

Lundi 27 janvier 2025

Au Ghana, le nouveau président John Dramani Mahama s’est doté d’un nouveau membre dans son cabinet : il s’agit d’un envoyé spécial auprès de l’Alliance des États du Sahel. Une mission assurée par Larry Gbevlo-Lartey, ancien haut gradé de l’armée ghanéenne et qui fut également chargé de la lutte anti-terroriste au sein de l’Union africaine. Il aura pour mission de renforcer la coopération entre le Ghana et les pays de l’Alliance des États du Sahel, afin de développer des politiques communes sur la lutte contre le terrorisme, la sécurité alimentaire ou encore la libre circulation des biens et des personnes

A noter que la question de la réintégration de ces États dans la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) régionale ne figure pas sur son agenda « Ce sont des décisions souveraines, que le Burkina Faso, le Mali et le Niger auront à prendre. Ce n’est pas une décision dans laquelle le Ghana doit participer, et ce n’est pas du tout une priorité pour nous. »

Premier chantier de l’envoyé spécial auprès des États de l’AES : faciliter l’accès du port ghanéen de Tema pour ses partenaires enclavés.

Le Mali, le Niger et le Burkina Faso lancent un passeport commun pour « l'Alliance Sahel »

Lundi 27 janvier 2025

Le Mali, le Niger et le Burkina Faso s'apprêtent à introduire un nouveau passeport commun, intitulé « Alliance des États du Sahel », à compter du 29 janvier. Cette date coïncide avec leur sortie officielle de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO).

Le futur passeport sera de couleur verte. Sur le recto, il affichera la mention « Confédération des États du Sahel AES », ainsi que le nom du pays émetteur et ses armoiries. Le verso intégrera une carte des trois pays concernés.

Bien que le lancement de ce nouveau document symbolise une étape importante pour les pays de l’Alliance, les passeports CEDEAO actuellement en circulation resteront valides jusqu'à leur date d'expiration.

À partir du 29 janvier, les citoyens des trois États souhaitant échanger leur passeport CEDEAO contre le nouvel exemplaire de l’AES pourront le faire. Cependant, le Mali a déjà annoncé qu'il maintiendrait ses portes ouvertes aux ressortissants de la CEDEAO, sous certaines conditions, afin de favoriser un échange réciproque.

Ce projet de passeport commun représente une avancée significative pour les pays de la confédération sahélienne, tout en préservant des relations avec l'organisation régionale dont ils se retirent.

Tchad : le président Mahamat Idriss convoque un congrès du parti au pouvoir.

Lundi 27 janvier 2025

Au Tchad, le MPS – le parti de l’ex-président tchadien Idriss Déby et aujourd’hui principal soutien de son fils et successeur Mahamat Idriss Déby – sera réuni en congrès le 29 janvier.

Après sa large victoire aux élections législatives du 29 décembre, victoire contestée par l'opposition dont une partie avait boycotté le scrutin, le Mouvement Patriotique du Salut souhaite s’atteler à la « refondation du Tchad ».

Le fait que le Congrès ait été convoqué par le président d’honneur du parti – le chef de l'État, Mahamat Idriss Déby – pose problème, selon l’opposition.

En convoquant le congrès du MPS dont il est président d’honneur, le président fait peser une « grave menace pour le pluralisme politique et pour tous les Tchadiens qui ne sont pas militants du MPS », explique Albert Pahimi Padacké.

Selon le Dr Issa Doubragne, porte-parole du MPS, « la régulation du MPS par le Maréchal Mahamat Déby, président d'honneur du parti, est conforme aux statuts adoptés lors du Congrès extraordinaire et seuls les organes compétents, comme le Conseil constitutionnel, peuvent juger de la légalité des actes du Chef de l’État. »

Toujours selon le porte-parole du MPS, le Congrès a, quant à lui, pour objectif de « redynamiser le parti, afin de mettre les militants en ordre de bataille pour réaliser le programme politique sur lequel le président a été élu. »